Les rythmes de la vie : le Zodiaque  

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L’existence d’un zodiaque n’a rien de surprenant. Durant la nuit, l’ensemble des étoiles du ciel décrit une rotation autour d’un axe fixe passant par l’axe de la terre et l’étoile polaire. Chaque astre décrit un cercle fixe. C’est le cas du soleil qui, à son lever, apparaît sur une bande circulaire. Le zodiaque est une série de constellations présentes sur cette bande circulaire. Ces constellations se déplacent progressivement sur cette bande zodiacale en faisant le tour complet en une année. Le phénomène est visible sur toute la terre. Il est donc possible que tout peuple ayant une culture astronomique ait pu identifier son zodiaque. Il suffisait d’imaginer un partage régulier de la bande zodiacale et de nommer chaque partie. Par exemple, si on voulait 15 parties on partageait la bande zodiacale en 15 et on nommait ces 15 parties.

Dans le cas qui nous occupe, le partage est en 12, et il y a 12 signes du zodiaque. Constatons que ce zodiaque est le zodiaque actuel, commenté sur toutes les revues de mode féminine. Les 12 signes de ce zodiaque sont successivement, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau, les Poissons.

Notre problème n’est pas de savoir ce qu’est le Zodiaque, mais d’où viennent les noms des douze signes. Car il n’y a semble-t-il aucune correspondance entre la forme obtenue en traçant des traits joignant les points lumineux de la constellation (du Bélier, du Taureau, des Gémeaux, ... et les images même très maladroites d’un bélier, d’un taureau, de jumeaux, etc.

Il faut donc chercher un peu plus loin.

Remarquons tout d’abord que les représentations du Zodiaque faites durant la période romaine sont tout à fait semblables à celles que nous voyons aujourd’hui (images 1, 2 et 3). Notre Zodiaque est immédiatement issu du modèle romain.

Lequel modèle romain serait lui-même issu d’un modèle plus ancien. En est témoin le Zodiaque de Dendérah qui daterait de l’époque ptolémaïque (300 av. J.-C. – 50 av. J.-C.), sur les images 4et 5. Les noms apparaissent identiques aux noms actuels, y comprise celui de « libra », traduit par « balance ». La figure représentée est-elle celle d’une balance ? Nous n’en sommes pas certains (image 5) .

En fait, le zodiaque dont nous avons hérité serait celui des babyloniens qui l’auraient transmis aux grecs vers le milieu du premier millénaire avant notre ère.

Nous n’avons pas d’image de ce zodiaque babylonien, mais, grâce à Internet, nous avons obtenu le tableau de correspondance ci-dessous.


                       Les constellations du « zodiaque » mésopotamien

  Écriture en logogrammes Terme akkadien Traduction Équivalent dans le zodiaque
I  / HUN (LÚ.HUN.GA) Agru Le Journalier Bélier
II MÚL.MÚL / GU4.AN.NA Zappū / Alu Les Étoiles / Le Taureau du Ciel Les Pléiades / Taureau
III MAŠ.MAŠ Tū'amū Les Jumeaux Gémeaux
IV ALLA Alluttu Le Crabe Cancer
V A (UR.GU.LA) Urgulu Le Lion Lion
VI ABSIN Šerʾū L’Épi Vierge
VII RÍN (anc. zi-ba-ni-tu4) Zibanītu La Balance Balance
VIII GÍR.TAB Zuqaqīpu Le Scorpion Scorpion
IX PA (Pa-bil-sag)
Pabilsag L'Archer Sagittaire
X MÁŠ (SUHUR.MÁŠ) Suhurmāšu Le Poisson-Chèvre Capricorne
XI GU (GU.LA)  Rabû Le Géant Verseau
XII ZIB.ME (ou KUN.MEŠ) Zibbatū Les Queues Poissons




La comparaison entre les deux listes est éloquente. Les différences lexicales ne concernent que le Bélier (le Journalier), l’Épi (la Vierge), le Verseau (le Géant), les Poissons (les Queues). De plus, la correspondance avec le Sagittaire est connue par le nom de Pabilsag qui serait celui d’une divinité mésopotamienne (traduction : l'Archer).

L’attribution de ces divers noms reste toujours mystérieuse. Nous pensons cependant que le problème doit être comparable avec celui que nous avons eu l’occasion de rencontrer avec l’attribution du nom des Jours. À l’origine, le Ciel devait être considéré comme étant le domaine des dieux. Chaque dieu devait avoir sa place dans le ciel. Ainsi le dieu représentant le Soleil avait sa place dans le soleil, le dieu Mars devait être localisé dans la planète Mars, le dieu Mercure, dans la planète Mercure. Et le troisième jour de la semaine, on adressait une prière à Mars, le quatrième à Mercure. Et ainsi de suite.

Nous pensons qu’il a pu en être de même en ce qui concerne les constellations du ciel étoilé. Chacune d’entre elles devait être dédiée à un dieu. Il devait en être ainsi pour la Grande Ourse et la Petite Ourse. Et très probablement pour les constellations du zodiaque, chacune dédiée à un dieu représenté par son attribut : le bélier, le taureau, etc.

Au cours du temps, on aurait oublié les religions (du dieu Bélier, du dieu Taureau, etc.) ayant mis en place ces attributions. Et seul le nom des attributs des dieux aurait été conservé.

La mosaïque de la basilique Saint-Savin de Piacenza est, quant à elle, plus tardive. Fait un peu surprenant : les divers disques contenant pour chacun d’eux le signe du zodiaque et le symbole du mois correspondant à ce signe ne sont pas disposés en ordre circulaire mais dans un plan rectangulaire représentant la mer et ses monstres marins dont une sirène à deux queues (image 6). La représentation circulaire (image 7) contient d’autres figures que celles du zodiaque.

Le zodiaque est représenté sur le portail de l’église Saint-Georges d’Ydes (image 8) . En fait, il n’occupe que les voussures du portail. Sur la corniche à la base de ces voussures, on peut voir une succession d’animaux qui semblent déclencher un mouvement en direction de la gauche (image 9). Ce mouvement continue sur la voussure avec un loup poursuivant un cerf, lequel est suivi des signes du zodiaque, le Bélier, le Taureau et les Gémeaux (image 10). Viennent ensuite un peu plus loin, le Capricorne, le Verseau et les Poissons, la scène se terminant par un enfant nu et un coq (images 11 et 12). Nous ne savons pas quelle peut être la symbolique du coq.
À l’inverse, nous pensons que l’enfant nu représente la vie.

Nous sommes un peu surpris que le zodiaque soit peu représenté dans l’Antiquité. Il l’est plus, selon nous, durant la période du Moyen-Âge. Il l’est plus encore maintenant mais il nous semble que son aspect symbolique a totalement disparu.