Hypothèses concernant le commerce maritime et les guildes d’armateurs ... 

• Afrique du Nord    • Article précédent    •  Article suivant    


Le titre complet de cette page est  « Hypothèses concernant le commerce maritime et les guildes d’armateurs de Tunisie … et d’ailleurs ».

Nous développons ici, non une seule hypothèse, mais un faisceau d’hypothèses issues d’une réflexion qui a débuté bien avant nos recherches sur la Tunisie, lorsque nous avons cherché des renseignements concernant Venise, la Vénétie et les Vénètes.


Les Vénètes : un ? ou plusieurs peuples ?

Nous savions, pour l’avoir étudié auparavant, qu’il existait une autre région d’Europe ayant accueilli des Vénètes : le Vannetais, en Armorique. Des sites Internet comme Wikipédia ou humanhistory.fr (lire la page de ce site intitulée « Les Vénètes – reconstitution du grand melting-pot de l’humanité ») nous on permis d’en savoir davantage sue ce peuple. Ou ces peuples ? Car la question principale est de savoir s’il s’agit d’un seul peuple ou de plusieurs, caractérisées par la même homonymie.
Extrait du texte de humanhistory.fr : « Un certain nombre d'indices montrent qu'il s'agissait d'une même population ayant migré par voie terrestre ou maritime à partir de la mer Noire jusqu'aux plaines d'Europe Centrale dans le bassin de la Vistule, en Europe du Nord en Baltique, ainsi que jusqu'au fond de l'Adriatique (Venise) et en Armorique (Bretagne Sud).

Ainsi, en particulier, il existe une maladie cardiaque rare, d'origine génétique autosomique, dont les zones de répartition et de forte prévalence recoupent fidèlement celles où les Vénètes de l'Antiquité étaient installés, ce qui fait d'eux un possible vecteur de dissémination.
». Nous ne sommes pas convaincus par l’argumentation d’une même origine génétique appuyée par la découverte d’une maladie cardiaque rare. Elle n’explique pas la forte dispersion géographique sur un petit nombre d’endroits (on s’attendrait à ce qu’il y ait une sorte d’épicentre de la répartition (voir ci-dessous) et une possible dispersion temporelle).

Il y aurait donc plusieurs localisations en Europe de peuples dénommés « Vénètes » :

Les Hénètes d'Asie Mineure qui auraient peuplé la Paphlagonie, région montagneuse située au Nord de l’Anatolie, en bordure d’Europe centrale.

Les Wendes d’Europe centrale : (« Les Hénètes auraient remonté depuis la mer Noire le cours du Danube et des autres fleuves d’Europe Centrale, dont la Vistule, sur les rives de laquelle ils se sont établis, à la recherche de nouvelles routes commerciales. Leurs descendants seraient les Wendes d’Europe Centrale, décrits par les peuples germaniques, leurs voisins occidentaux. »).

Les Vénètes de l’Adriatique : (« Selon Virgile dans l’Énéide, sept a huit siècles après les textes homériques, les Hénètes auraient été en contact avec les peuples de Macédoine, de Sicile, puis avec les Carthaginois, au cours de leur expansion maritime. {...]

Peut-être ont-ils reçu dans leurs pérégrinations l’aide des Phéniciens qui, eux, avaient déjà établi de nombreux comptoirs en Méditerranée, pour se déplacer jusque sur les côtes d’Italie. Les relations entre les Phéniciens et les Hénètes sont attestées par la similitude frappante qui existe entre leurs alphabets. Chypre, l’île du cuivre, a sans doute été, dès l’Âge du Bronze, un point de rencontre important entre les deux peuples. {...] La langue vénète est attestée par plus de deux-cent-cinquante inscriptions remontant au Ve ou au VIe siècle avant J.-C. et retrouvées sur les sites des cinquante cités de la Vénétie antique. Puis elle disparaît au Ier siècle avant J.-C., à l'époque de l'assimilation aux Latins »).

Les Vénètes d'Armorique : « La présence des Vénètes sur le sol de l’actuel pays morbihannais est attestée dès le début du premier millénaire avant notre ère. {...] >Les Vénètes semblent avoir eu un rôle clé dans les réseaux d'échanges de l'étain depuis l'âge du bronze. Ce métal est en effet nécessaire à la fabrication du bronze qui est un alliage composé d'environ 90 % de cuivre et 10 % d'étain. »
Remarque : Nous ne disposons pas de justification concernant la première phrase : « La présence des Vénètes sur le sol de l’actuel pays morbihannais est attestée dès le début du premier millénaire avant notre ère. ». Non pas sur le fait qu’il y a eu une présence humaine dans le Golfe du Morbihan durant la période du bronze moyen – les mégalithes de Carnac prouvent cette présence – , mais sur le fait que ces populations n’étaient autres que les Vénètes, décrits par Jules César, environ mille ans plus tard.

Si l’on considère ces seuls éléments de réflexion, la réponse à la question posée apparaît évidente : les peuples vénètes cités par les textes anciens seraient indépendants les uns des autres, le rapprochement entre eux serait consécutif à l'homonymie des désignations.

Cependant, un nouvel élément est intervenu dans notre réflexion (toujours avant l’étude des monuments de Tunisie). Il s’agit des routes de l’ambre et de l’étain.


Questions autour des routes de l’ambre et de l’étain

Routes de l’ambre

Selon le site Internet Wikipédia : « Dès l'âge du bronze, les peuples méditerranéens importaient l'ambre depuis la mer Noire et la mer Baltique, selon des routes terrestres empruntant le cours de la Vistule et du Dniepr. La route principale de l'ambre consistait depuis la Baltique à remonter d'abord la vallée de l’Elbe et de la Saale, puis celle du Danube et de l’Ill pour franchir ensuite les Alpes au col du Brenner, suivre la vallée du Pô et rejoindre la mer Méditerranée. [...] On a retrouvé dans la chambre funéraire du pharaon Toutânkhamon (Remarque : Toutânkhamon est né vers 1345 av. J.-C. et mort vers 1327) des objets faits d'ambre de la Baltique, et l'on sait que des offrandes en ambre étaient expédiées de la mer du Nord vers le sanctuaire d’Apollon à Delphes. [...] »

Route de l’étain

Selon la page du site Internet Wikipédia décrivant cet itinéraire : « L’étain était recherché car, fondu en juste quantité avec le cuivre, il devenait du bronze, un alliage beaucoup plus résistant que le cuivre seul et qui est resté important même après l’avènement du fer au milieu du Ier millénaire av. J.-C. Or il se trouve que les civilisations du bassin méditerranéen disposaient de cuivre, mais que l'étain se trouvait en abondance dans des régions assez éloignées, l'Armorique et surtout la Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne), dans la péninsule de Cornouailles.

La route de l'étain reliait le sud-ouest de cette Bretagne insulaire à la mer Méditerranée. Mais, jusqu'à la conquête de la Gaule par les Romains, cette route de l'étain est restée assez mystérieuse pour les cultures riveraines de la Méditerranée, en raison de l'éloignement mais aussi d'un souci de secret des opérateurs de ce trafic commercial. Il a longtemps subsisté beaucoup d'interrogations à son sujet. [...]

La route de l'étain passait par la vallée du Rhône. [...] L’étain, venu d’Armorique et de Cornouailles, était transporté par mer, et aussi par terre, jusqu'à l'estuaire de la Loire. De là, il remontait le fleuve afin de pouvoir rejoindre le Rhône. Ce trajet, qui permettrait d’éviter d’avoir à contourner la péninsule ibérique, est attesté par Diodore de Sicile qui, au Ier siècle avant notre ère, parlait d'un périple de trente jours pour atteindre l'embouchure du Rhône. [...] »

Les problèmes liés à l’identification de ces routes

Dans le cas présent, on se situe dans une période dite « protohistorique », à la charnière de deux formes d’explications : l’explication par l’étude des textes historiques, l’explication par les données archéologiques. L’étude des textes historiques est assez peu éclairante car ces textes sont relativement récents (Iersiècle avant Jésus -Christ) par rapport à une période qui a duré plus de 1500 ans. Les données archéologiques ne concernent principalement que les dépôts d’ambre ou de bronze découverts le long de ces routes. La question principale qui se pose est de savoir quelle a été l’importance de ces routes durant l’Antiquité. Et il semble bien que ces routes aient été très importantes, qu’il y ait l’existence réelle d’une activité commerciale durant cette période. On pourrait en effet penser qu’un homme du néolithique ayant trouvé un morceau d’ambre sur les rivages de la mer Baltique soit aussitôt allé le vendre à Babylone, et qu’il en serait de même pour des milliers d’autres riverains de la Baltique. La réalité serait plus complexe. Un homme ou un groupe d’hommes s’installe sur les rives de la Baltique, contacte des intermédiaires locaux chargés d’acheter de l’ambre à des populations locales. Une fois un lot suffisant de grains d’ambre récolté, l’agence locale envoie un transporteur en lui assurant une protection contre les voleurs. Après de nombreuses tribulations, le colis arrive en Orient à un centre de répartition qui s’occupe de la vente des produits. Le transporteur revient ensuite sur les rives du Danube chargé d’autres produits.

Toujours lors de nos recherches concernant les Vénètes, nous avons envisagé que les Vénètes pourraient être soit à l’origine, soit des parties prenantes de ce commerce international concernant l’ambre ou l’étain et peut-être même les deux. Mais il fallait auparavant faire quelques observations ou rectifications. La première de ces observations concerne des contradictions apparentes concernant la route de l’ambre. Le texte ci-dessus nous apprend ceci « Dès l'âge du bronze, les peuples méditerranéens importaient l'ambre depuis la mer Noire et la mer Baltique, selon des routes terrestres empruntant le cours de la Vistule et du Dniepr.. [...] ». Puis immédiatement après : « La route principale de l'ambre consistait depuis la Baltique à remonter d'abord la vallée de l’Elbe et de la Saale, puis celle du Danube et de l’Ill pour franchir ensuite les Alpes au col du Brenner, suivre la vallée du Pô et rejoindre la mer Méditerranée. [...] ». Ce qui donne deux routes totalement différentes atteignant, pour l’une, la Mer Noire par le Danube, pour l’autre, la Méditerranée par le Pô. Mais il existe une troisième route donnée par les images 1 et 2 qui passe par la Pannonie et atteint la Méditerranée au voisinage de Venise. Il fallait donc résoudre ces contradictions. On peut d’abord envisager une insuffisance de données statistiques qui empêche de choisir entre plusieurs options. Mais il existe une autre explication qui nous semble plus convaincante : la modification au cours du temps du tracé des routes commerciales. Donnons ici un exemple : en mois de deux siècles, le tracé des voies maritimes entre l’Europe et le Moyen Orient a changé deux fois : la première fois avec le creusement du canal de Suez, et la seconde fois, récemment, avec la fermeture du détroit d’Ormuz.

Nous avons donc envisagé la situation suivante : dans un premier temps, durant la période du chalcolithique la route de l’ambre suit le tracé, Vistule Danube, Mer Noire Pamphlagonie (Anatolie). Puis pour diverses raisons (conflictuelles ou de rentabilité), le tracé aurait été modifié en faveur d’une liaison entre les bouches de la Vistule et la Vénétie. La trajet terrestre nettement plus court que le précédent était probablement plus sûr (ou diminuait les formalités de passage de frontière). Le transport s’effectuait ensuite par voie maritime, une voie nettement plus sûre et moins chère que la voie terrestre, si toutefois l’ensemble des opérations a été planifié, ce que nous pensons. Il fallait donc, au mois pour la partie maritime, une structure administrative conséquente capable d’anticiper les risques (tempêtes, pirates, conflits régionaux...) avec des sociétés d’armateurs capables de construire des vaisseaux de fort tonnage pouvant affronter la haute mer. On envisage que Chypre pourrait être un des centres de ce commerce international antique (image 3).

Le même type de raisonnement peut être adopté pour une autre route, la route de l’étain. Sauf que cette route serait postérieure à la route (on devrait plutôt parler « des routes ») de l’ambre d’environ un demi-millénaire, avec possibilité d’une coexistence des deux routes sur une longue période. La route de l’étain aurait été créée au cours de la période du bronze moyen. Nous envisageons que des sociétés extérieures au monde britannique aient pu créer les conditions d’extraction du minerai d’étain, de son raffinage, de sa commercialisation et de son transport. Ces sociétés seraient les Vénètes. S’agissait-il d’un seul peuple ? De populations liées par une langue commune ? Une religion commune ? Nous ne pouvons répondre à cela. Remarquons cependant qu’au cours de l’histoire humaine, bien avant nos entreprises multinationales, il a pu y avoir des activités transnationales : les juifs et les templiers dans le système bancaire au Moyen-Âge ; la ligue hanséatique (image 5) vers la fin du Moyen-Âge.

Concernant la route de l’étain : l'image 4 correspond à la description faite par Diodore de Sicile au Iersiècle avant notre ère. On aurait tort cependant de s’y fier totalement. Nous avons en effet écrit précédemment qu’il pouvait y avoir, pour des raisons diverses, déplacement du tracé. Dans le cas présent, le tracé le plus court serait celui passant par la Garonne et rejoignant directement la Méditerranée. Mais il est possible qu'au Iersiècle avant notre ère, ce trajet aurait été évité pour causes de conflits.

Une autre idée : les sanctuaires de Vénus

Arrivées à ce stade de la réflexion, toujours au cours de nos recherches sur Venise, la Vénétie et les Vénètes, nous avons envisagé que la répartition des Vénètes pouvait avoir été effectuée de la façon suivante : installation d’un groupe vénète au poste de production (le littoral de la Baltique pour l’ambre, le Morbihan pour l’étain), installation d’un autre groupe vénète au poste de réception (la Paphlagonie puis la Vénétie pour l’ambre, le Golfe du Lion pour l’étain). Ce qui expliquerait la répartition apparemment hétéroclite de ces groupes vénètes à travers l’Europe. L’idée étai séduisante mais elle pêchait par défaut : aucun peuple vénète n’est signalé dans le Golfe du Lion.

Il y avait cependant le problème suivant dans le Golfe du Lion. La carte de l'image 6 montre les ports antiques et les voies maritimes grecques de ce golfe (ne sont pas représentés les ports de Narbonne, Béziers et Lattes). Les villes d’Agde, d’Empuriès, de Marseille, et d’Antipolis (non représenté ici) sont des villes dites « grecques ». Ce qui signifie qu’à un moment donné de leur histoire, c’étaient des colonies grecques occupant des portions de territoire gaulois ou romain. Ces territoires colonisés seraient devenus ultérieurement les évêchés d’Agde, d’Empuriès et de Marseille, Les tracés en rouge de cette carte indiquent les itinéraires de navigation. Il faut, par temps favorable, une journée de navigation entre Marseille et Agde, et une autre entre Agde et Empuriès.. Il existe deux autres localités qui pourraient être d’origine grecque : Vendres, situé à l’embouchure de l’Aude, où il existait un temple de Vénus, et Port-Vendres dont le nom d’origine était Portus Veneris, port de Vénus. On pourrait penser que ces localités étaient des ports-refuges en cas de tempête. Cependant, ces localités sont situées trop près d’Agde pour la première, trop près d’Empuriès pour la seconde. En conséquence, comment expliquer l’existence de ces deux localités qui célébreraient la déesse grecque Vénus, alors qu ‘elles ne sont pas situées sur un territoire grec ? Par ailleurs, comment ne pas remarquer l’homonymie entre Vénéti et Vénéris.

D’où la question : ne serait-il pas possible que les Vénétes aient fait partie d’un confédération maritime associée au culte de la déesse Vénus ?

Mais les indices étaient beaucoup trop fragiles : deux ports dédiés à Vénus seulement sur la côte du Golfe du Lion, probablement un sur la côte ligure (il s’agirait de Porto Venere), et peut-être Bénidorm en Espagne. Et nous nous sommes abstenus de poursuivre l’investigation.



La mosaïque des îles et villes de Méditerranée


La découverte de cette mosaïque ne pouvait pas nous échapper : elle se situe à l’entrée du musée du Bardo, à Tunis. Seul problème, elle a été posée à l’horizontale, un peu au-dessus du sol : sans système de miroirs, les prises de vues photographiques n’ont pu être faites qu’avec une forte incidence.

Sensibilisés par notre précédente recherche, nous avons immédiatement vu l’intérêt de cette mosaïque. Voici sa description par un panneau explicatif situé à proximité :

« “Symbolique” de la mosaïque

La mosaïque des îles et villes de Méditerranée aussi appelée, Mosaïque aux îles, est exceptionnelle par son iconographie et son symbolisme.

LA THÉMATIQUE DE VÉNUS


La plupart des îles ou des villes mentionnées ont un lien avec le culte de Vénus, divinité de l’Amour et de la Beauté. La déesse n’apparaît cependant pas en tant que telle sur la mosaïque, mais y est présente par les Amours pêchant ou nageant et les toponymes livrés par les inscriptions.

Par exemple, Paphos et Erycos sont des hauts lieux du culte de la déesse. Ainsi, selon Homère (hymne à Vénus), Paphos est célèbre d’abord parce que la tradition y place le lieu de naissance de Vénus, aussi pour son temple consacré à la déesse, comportant un bois sacré et un autel odorant. C’est probablement à cela que fait allusion le mosaïste en représentant un édifice à podium.


Peut-être dans le même but, il a placé à l’arrière-plan de la vignette figurant Erycos un relief qui serait le mont Eryx connu pour l’importance du culte voué à Vénus.

UN VOYAGE IMAGINAIRE


Malgré l’apparente cartographie qu’offre la mosaïque, l’incohérence et l’inexactitude des lieux représentés, ainsi que leur configuration, ne peuvent représenter une réalité géographique. Le commanditaire, propriétaire de cette luxueuse demeure, et l’artiste ayant créé le dessin ou l’artisan mosaïste, ne connaissaient sans doute de ces célèbres sanctuaires à Vénus que le nom.

Il s’agirait plutôt d’un périple imaginaire transposé sur cette mosaïque, ornant ce qui devait être une salle de réception. La présence de ces barques pourrait être le témoignage de ce voyage.
[...] »

Quelques informations sur les îles ou villes citées sur la mosaïque (sources de Wikipédia) :

Scyros (image 8) est une île grecque de la mer Égée appartenant à l’archipel des Sporades.

Cypros : Chypre.

Idalium (image 9) était une ancienne cité de Chypre, située dans l’actuelle ville de Dali. Fondée au IIIe millénaire avant J.-C., elle prospéra grâce au commerce du cuivre. Son nom figure sur le prisme d’Assarhaddon (dont des copies datent de 673-672 avant J.-C.), ainsi que sous une forme similaire dans les annales d’Assurbanipal (648/647 avant J.-C.).

Limnos ou Lemnos est une île grecque du nord-est de la mer Égée. Dans la mythologie grecque, Lemnos était l'une des résidences d’Héphaistos : son palais et ses forges étaient situées dans le Mosychlos, volcan endormi.

Erycos (image 10). Dans la mythologie grecque, Éryx, fils de Boutès (ou de Poséidon selon les auteurs) et d’Aphrodite (Vénus), est roi d'une province de Sicile, appelée Érycie et héros fondateur de la cité d’Éryx (Italie).

Cytherae (Cythère), est une île grecque du nord-est de la mer Égée. Hérodote mentionne la présence dans l'île d’un temple dédié à la déesse Aphrodite (Vénus). La naissance marine de la déesse, lorsque le sperme d’Ouranos entra en contact avec la mer, eut lieu selon certaines traditions près de l'île, qui en garda un culte voué à la déesse en souvenir. Selon d'autres traditions, ce fut au large de l’île de Chypre.

Paphos (image 11) est une ville située sur la côte occidentale de l(île de Chypre. Paphos apparaît durant l’âge du bronze récent (1600-1200). On y construit de vastes ensembles architecturaux, avec des mégarons à piliers, des autels en plein air, des tables à offrandes et libations, des ateliers et des réserves, et, dans les environs, des tombes à fosse (tholoi) creusées dans le rocher et précédées d’un couloir qui conduit à l’entrée du tombeau.

Une cité est fondée par des colons grecs vers 1050 av. J.-C., probablement originaires de la cité de Tégée. Dans l’Antiquité, elle est vouée à la déesse Aphrodite et c’est alors que le nom de Paphos apparaît.

Rhodos (Rhodes) (image 12) est une île grecque, la plus grande du Dodécanèse. Selon Pindare, Hélios, le Soleil, est le premier à voir l'île sortir des eaux et la trouve si belle qu'il la prend sous sa protection.

Egusa ? Nous n’avons pas d’information sur ce site.


Notre propre point de vue

L’idée exprimée sur le panneau explicatif selon laquelle ce décor représenterait un voyage imaginaire ne nous semble pas correspondre à la réalité. Remarquons tout d’abord que le caractère religieux est peu exprimé sur cette mosaïque. Ainsi, l’édifice à podium interprété comme étant le célèbre temple de Vénus de Paphos est peut-être un temple. Mais son dessin (au centre de l'image 13) révèle une construction de peu d’intérêt et dépourvue du décor de colonnades qui normalement devait être celui d’un Temple de Vénus. Même en pensant que ce décor est le résultat de l’imagination de l’artiste, on doit concevoir que cet artiste avait sous les yeux des décors plus majestueux.

Si le caractère religieux nous semble négligé (la présence d’Amours ne constitue pas une preuve rédhibitoire ; la plupart des mosaïques marines contiennent des représentations d’espèces marines mélangées à des Amours) on constate, à l’inverse, une forte concentration d’entrepôts portuaires (un pour chaque île ou ville). En fait il ne s’agit pas de construction réellement portuaires qui signifierait qu’il y avait là un port pratiquement fermé, en eau profonde. Nous pensons que ces images représentent la technique d’atterrissage des bateaux par échouage sur une plage. C’est la technique que l’on emploie actuellement pour des embarcations légères comme les canoës ou les kayaks. C’est la technique qui devait être employée durant les temps primitifs pour des bateaux de faible tonnage. Lorsque le tonnage a augmenté, on a été obligé de construire des ports. Dans le cas présent, les entrepôts sont disposés en arrondi autour d’une plage ou d’un canal de dérivation. Deux gros bâtiments, parfois précédés d’un escalier, encadrent la file de bâtiments qui devaient être des entrepôts. Nous pensons que cette disposition a précédé la construction de ports en eau profonde.

Nous ne pensons pas contrairement à l’auteur du panneau explicatif que cette représentation serait celle d’un voyage imaginaire. Il suffit de consulter des images d’agences de voyages pour remarquer qu'elles veulent plonger leurs futurs clients dans un parcours imaginaire en présentant sous le plus bel aspect des éléments caractéristiques du pays à traverser (paysages ou monuments exceptionnels). Or ici, on n’a rien de tout cela : pas de monument exceptionnel comme l’Acropole d’Athènes ou le temple d’Artémis à Éphèse. L’île de Rhodes est dessinée, mais sans son colosse qui était pourtant classé parmi les Sept Merveilles. En résumé, ce voyage imaginaire aurait été aussi très ennuyeux.

Nous pensons donc que cette mosaïque symboliserait une guilde portuaire, une association d’armateurs qui aurait développé des réseaux de transports maritimes. Nous pensons même que, au vu de l’archaïsme des scènes représentées, cette association n’afficherait pas l’état actuel de son développement, mais son état d’origine. Tout comme, à l’heure actuelle, une brasserie affiche fièrement qu’elle a été fondée en 1665, les membres de cette association qui, vers le IIe siècle de notre ère, avait créé des lignes maritimes dans toute l’Europe jusque dans les terres nordiques, auraient voulu afficher l’ancienneté de la fondation effectuée à partir des îles ou villes de la seule Mer Égée.

Rappelons qu’il ne s’agit là que d’hypothèses qui demandent à être vérifiées et revérifiées. Ces hypothèses font envisager que les guildes d’armateurs devaient avoir une grande importance dans le monde romain. En fonction de leur puissance en un moment donné, elles devaient être, selon nous, des multinationales pouvant faire ou défaire des rois (ou plutôt des consuls ou des empereurs).

C’est tout à fait par hasard que nous avons découvert sur Wikipédia le mot « thalassocratie ». Définition de Wikipédia : « Une thalassocratie est un État dont la puissance est fondée principalement sur la domination de la mer. La thalasso-politique occupe alors une place importante des politiques globales de la nation. […]

Durant l’Antiquité, dès le début de l’âge du fer, apparaissent des thalassocraties comme la civilisation minoenne, la Phénicie qui engendre la civilisation carthaginoise et de nombreuses cités grecques qui essaiment en colonies au Ve siècle av. J.-C.

Les Phéniciens, qui ont disposé de nombreux comptoirs cinq siècles avant Carthage, constituent une thalassocratie au sens large, car aucune de ces civilisations n’avait un pouvoir thalassocratique absolu en mer Méditerranée.
[…]

Carthage est un autre exemple de thalassocratie dans l'Antiquité.

De même, l’Empire romain, l’Empire romain d’Orient, et, plus tard, l’Empire ottoman, tenant les plus importants détroits de la mer Méditerranée, possédaient une emprise maritime qu'on désigne communément comme thalassocratiqu
e. »