Le site archéologique de Cuicul à Djemila  

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La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site archéologique nous apprend ceci (extraits) :

« Histoire

Les historiens divergent sur la question de la fondation de la colonie romaine de Cuicul (actuelle Djemila), dont la date et le fondateur restent incertains. Malgré la richesse de la documentation épigraphique de l’Afrique romaine, les inscriptions de Cuicul ne livrent ni la titulature officielle complète de la colonie, ni le nom de son fondateur, ni la date précise de sa création, ce qui place l’historiographie face à plusieurs interprétations contradictoires. Les principales hypothèses attribuent la fondation soit à Nerva, soit à Trajan.
[...] En s’appuyant également sur la mention de Cuicul comme colonie chez Claude Ptolémée, Dupuis situe l’existence de la ville comme colonie au plus tard à la fin du Iersiècle ou au début du IIe siècle. Dans cette perspective, la colonie aurait été fondée sur un terrain accidenté du nord de l’Algérie à la fin du Iersiècle, probablement en 96, dans le cadre d’une installation de vétérans sous Nerva. Le toponyme Cuicul dériverait d’un nom local d’origine berbère, non encore latinisé au moment de la fondation. [...]

Sous les Antonins (96–192), Cuicul connaît une phase d’embellissement et de structuration monumentale, marquée par la construction d’un forum, d’un capitole, de plusieurs temples, d’une curie, d’un marché, d’un théâtre qui organisent l’espace civique selon les standards urbains romains en Afrique. [...] Sous le règne de Commode, la construction de grands thermes accompagne une extension de l’habitat vers le sud, révélant une croissance démographique et une densification des fonctions urbaines. Cette dynamique se poursuit sous les Sévères, confirmant la prospérité durable de Cuicul à son apogée.

Sous la dynastie des Sévères (192–235), l’urbanisme de Cuicul poursuit son extension vers le sud du forum, avec l’aménagement de nouveaux quartiers structurés autour d’une vaste esplanade. Ce développement s’accompagne du tracé de nouvelles voies et d’une organisation plus régulière de l’espace urbain, traduisant une dynamique de croissance encore perceptible à cette époque. La ville prend alors progressivement l’aspect d’un centre résidentiel aisé, marqué par l’apparition de demeures luxueuses qui témoignent de l’enrichissement d’une partie de ses habitants. Toutefois, à partir du milieu du IIIe siècle, cette prospérité connaît un ralentissement sensible. Une crise économique, liée notamment à des campagnes agricoles moins productives, perturbe les circuits commerciaux et freine l’élan d’expansion urbaine. Cette conjoncture défavorable entraîne un affaiblissement progressif de l’activité économique et une stagnation du développement de la cité.

À l’Antiquité tardive, Cuicul conserve une activité urbaine encore soutenue et reste un centre vivant malgré les transformations politiques et religieuses de l’Empire. Au IVe siècle, la diffusion et l’implantation du christianisme s’accompagnent d’un nouvel élan urbain, marqué par la création d’un quartier chrétien distinct. À l’extrémité méridionale de la ville sont édifiés un baptistère ainsi qu’une basilique, tandis qu’une basilique civile vient réaménager l’ancienne place d’époque sévérienne, illustrant la continuité de l’usage des espaces publics. Parallèlement, les résidences des élites locales connaissent un développement remarquable, atteignant parfois de vastes dimensions et intégrant des équipements sophistiqués tels que des thermes privés et de larges espaces de réception assimilables à des basiliques domestiques. Les demeures dites de la maison d’Europe ou de Castorius illustrent particulièrement ce mode de vie aristocratique, caractérisé par un confort élaboré et un goût prononcé pour la décoration. Elles ont notamment livré un riche ensemble de mosaïques qui témoignent du raffinement artistique et du statut social élevé de leurs propriétaires.

En 431, Cuicul passe sous le contrôle des Vandales, qui s’installent en Afrique du Nord et exercent des pressions sur les populations locales, notamment à l’encontre des communautés chrétiennes. Leur présence se prolonge jusqu’aux accords conclus en 442 avec Genséric, qui entraînent une réorganisation de leur domination et des conditions d’occupation de plusieurs cités africaines. Par la suite, lors de la reconquête byzantine, la ville est réintégrée dans le cadre administratif de l’Empire byzantin, ce qui permet un retour relatif de la stabilité et une reprise limitée de certaines activités urbaines. Toutefois, ce renouveau reste fragile et progressif, et Cuicul finit par décliner, avant de tomber dans l’oubli à la fin du VIe siècle, à mesure que se réduit son importance stratégique et urbaine. [...]

Une inscription indique que la ville est restée sous l'autorité romaine jusqu'en 476. »


Vestiges archéologiques

La page de Wikipédia fournit d’abondants renseignements sur les monuments de ce site archéologique. Nous en conseillons la lecture.


Commentaires sur le texte de Wikipédia

Nous avons reproduit presque dans son intégralité le paragraphe « Histoire ». Cette « histoire » de Cuicul est en effet très intéressante car elle fixe les évènements dans une courte temporalité. Il faut comprendre que, jusqu’à présent pour la très grande majorité des cités antiques d’Afrique du Nord que nous avons étudiées, l’histoire s’était effectuée durant un temps très long, supérieur à 1000 ans. Dans la plupart des cas, la cité était de beaucoup antérieure à l’implantation romaine. Dans ces conditions, il était parfois difficile de proposer des datations.

Pour Cuicul, cela devient plus facile. D’abord si l’histoire rapportée est conforme à la réalité, il ne devrait pas y avoir de restes libyques, puniques ou grecs. C’est ce que la visite du musée permet de constater : tous les vestiges sont romains. Ensuite, il apparaît que l’essor de la ville s’est effectué en deux temps : entre les ans 95 et 180, puis entre les ans 200 et 270. Durant la première période, la partie nord de la ville aurait été construite avec des monuments comme le forum, le capitole, le marché, le temple de Vénus (images de 1 à 12). Durant la deuxième période, dite des Sévères, on aurait construit la partie Sud avec un autre forum (place des Sévères) et des monuments comme le temple Septimien, la basilique civile, les thermes, l’arc de Caracalla (images de 13 à 24). Nous pouvons déduire de ces renseignements des périodes d’expansion ou de crise qui ont pu avoir lieu dans tout l’empire romain.

Notons la phrase suivante : « Une inscription indique que la ville est restée sous l'autorité romaine jusqu'en 476. ». Elle semble en contradiction avec cette autre phrase : « En 431, Cuicul passe sous le contrôle des Vandales,... ». En effet, selon les textes d’époque, les Vandales auraient conquis le Maghreb à partir de l’an 429 et auraient été chassés par les byzantins environ un siècle après. Il semblerait logique de penser qu'entre 431 et 476, la ville est sous l’autorité vandale. Ce texte montre qu'en fait, les Vandales n’avaient pas l’autorité sur la totalité du Maghreb : des villes entières pouvaient avoir gardé une autonomie, les Vandales ayant un rôle de mercenaires ou de troupes fédérées.


Datation envisagée pour le site archéologique de Cuicul à Djemila : an 200 avec un écart de 100 ans.