Monuments de Charente identifiés 

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Cette page décrit les monuments suivants du département de Charente : l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Blanzaguet - Saint-Cybard, l’église Notre-Dame de Charmant, l’église Saint-Jacques de Conzac, l’église Saint-Hilaire d’Épenède, l’église Saint-Martial de Saint-Martial.

Ces cinq églises ont été visitées par notre correspondant et ami, Clive Kenyon, qui les a portées à notre connaissance. La plupart des images de cette page ont été extraites du blog qu’il a créé sur Flickr , à l’adresse https://www.flickr.com/photos/200072446@N07/albums . Les autres proviennent de galeries d'images d'Internet dont Google Maps.

Notre site est censé ne décrire que des édifices attribuables au premier millénaire de notre ère. Cependant, la datation des monuments anciens est soumise à de fortes incertitudes. Par ailleurs, une bonne connaissance de certains monuments postérieurs à l’an mille d’un ou deux siècles peut parfois nous éclairer sur l’architecture ou l’iconographie de monuments antérieurs à cette date.



Monuments de Charente identifiés mais n'ayant pas encore fait l'objet d'une étude approfondie


L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Blanzaguet - Saint-Cybard

Cette église est à nef unique. Nous avons envisagé qu’elle pouvait avoir été, à l’origine, à trois vaisseaux, les grands arcs qui sont plaqués contre les murs intérieurs de la nef étant les restes des arcs des baies de communication entre nef et collatéraux. Dans une telle hypothèse, le voûtement de la nef serait postérieur à la construction d’origine. Après observation de l’alignement des rangées de pierres taillées, nous pensons à présent que ce n’est pas le cas : la construction de la nef aurait été faite d’un seul jet. Par contre, le transept et le chevet pourraient être postérieurs. La voûte en berceau brisé pourrait dater du XIIe siècle.

La surprise vient des chapiteaux (images de 6 à 9) qui devraient eux aussi remonter au XIIe siècle. Ils témoignent d’un archaïsme certain : têtes humaines surdimensionnées (images 6, 7 et 8), tête de taureau semblable aux têtes que l’on trouve sur des temples romains (image 6), représentation d’un homme accompagné d’un lion (peut-être Samson et le lion, mais il semblerait que l’homme porte une mitre : image 7), orant aux bras levés (image 8).

Datation envisagée pour l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Blanzaguet - Saint-Cybard : an 1100 avec un écart de 100 ans.



L’église Notre-Dame de Charmant

Cette église est à nef unique. Probablement, il existait une nef auparavant. Elle aurait été détruite et remplacée par celle-ci.

La transept et le chœur sont romans (un roman plutôt tardif). La partie la plus intéressante semble être la fresque baroque qui orne la voûte en cul-de-four de l’abside principale (images 15 et 18).

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame de Charmant : an 1150 avec un écart de 50 ans.

Remarque : il est possible que certaines parties de l’église soient plus anciennes (exemples : mur Sud de la nef décoré d’arcatures lombardes, croisillons du transept et absidioles), mais nous ne sommes pas en mesure de le prouver.



L’église Saint-Jacques de Conzac

Église à nef unique et transept haut et débordant. En fait, le croisillon Sud du transept a disparu. Cependant, il existe des restes de ce croisillon (bordure du faîte de la toiture, départ d’un arc transverse : images 20, 21 et 22) permettant d’établir que c’était le symétrique du croisillon Nord. Un examen attentif de ces restes pourrait peut-être permettre de vérifier si, à l’origine, la nef était à un seul vaisseau ou à trois vaisseaux. L’abside principale est richement décorée alors que l’absidiole Nord ne l’est pas. À l’origine, il devait y avoir trois absides. Celle du Sud a disparu mais les traces sont visibles sur l'image 20. Il est possible que l’absidiole Sud ait fait partie d’un édifice primitif qui serait antérieur à l’an mille.

Images 26 et 27 : chapiteaux à entrelacs et animaux fabuleux (XIIe siècle).

Datation envisagée pour l’église Saint-Jacques de Conzac : an 1150 avec un écart de 50 ans.



L’église Saint-Hilaire d’Épenède

Église à nef unique. Tout comme pour l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Blanzaguet - Saint-Cybard vue ci-dessus, nous avons envisagé qu’elle pouvait avoir été, à l’origine, à trois vaisseaux, les grands arcs qui sont plaqués contre les murs intérieurs de la nef étant les restes des arcs des baies de communication entre nef et collatéraux. Mais, à la différence de Blanzaguet, nous pensons que dans le cas présent, l’hypothèse est plus crédible. À l’intérieur de l’église, l’épaisseur des piliers est plus importante. Mais surtout, on peut voir sur le mur extérieur de la nef (image 28), et à droite du portail, deux types d’appareil superposés. : dans la partie inférieure, un appareil de comblement, dans la partie supérieure, un appareil plus régulier formé de blocs soigneusement équarris. Cette partie supérieure serait le reste de la partie supérieure du vaisseau central d’une nef à trois vaisseaux.

Une remarque cependant : les arcs de la nef sont des arcs brisés. Cette particularité réduirait l’ancienneté de la nef. Autre remarque : nous pensons que la nef a été voûtée ultérieurement. Ou, du moins, qu’il y a eu une tentative de voûtement. car il ne reste presque plus rien de cette voûte.

Images 34, 35 et 36 : chapiteaux sculptés à décors archaïques. Nous en ignorons la signification.

Datation envisagée pour l’église Saint-Hilaire d’Épenède : an 975 avec un écart de 75 ans.



L’église Saint-Martial de Saint-Martial

Image 39 : Cette image est un peu surprenante dans la mesure où l’arc brisé situé au-dessus des piédroits semble indépendant de ceux-ci, comme s’il avait été posé après ceux-ci.

Mais les images 40 et 41 sont encore plus surprenantes. D’abord, comment peut-on appeler ces objets architecturaux ? Chapiteaux ? Corniches ? Impostes ? Il y a ensuite le décor. Il est inusité. Cela ressemble à une juxtaposition de portes : les portes de la Jérusalem Céleste ? Il y a enfin le matériau. Serait-ce du stuc ? (partie droite de l'image 40).

Les piédroits visibles sur l'image 39 sont situés à la base du clocher (images 37 et 38). Dans la majorité des cas, les clochers bâtis sur une église entre la nef et le chœur sont postérieurs à la construction de cette église. Mais il peut y avoir des exceptions : le clocher (ou plus exactement sa partie inférieure) a été construit en premier, le chœur étant un ajout ultérieur. Avant cet ajout, la partie inférieure du clocher servait de chœur à l’église. Pour certaines églises, cet ajout n’a pas été fait : le chœur de ces églises est situé à la base du clocher. L’église Saint Martial pourrait être une de ces églises dont le chœur primitif était à plan carré, au rez-de-chaussée d’un clocher. Un autre chœur aurait été ajouté ultérieurement.

Nous ne sommes pas en mesure de prouver cela car nous ne disposons que de quelques indices tels que celui-ci : les impostes ou corniches des images 40 et 41 apparaissent plus primitives que les chapiteaux des images 42, 43 et 44 datables du XIIe siècle.

Image 43 : La scène semble incompréhensible. Le caractère incompréhensible ne doit pas entraîner un refus d’interprétation du caractère symbolique qui pourrait lui être attaché. Description : à l’angle du chapiteau, un homme nu, tirant la langue, est dévoré par deux lions situés de part et d’autre. Sur la face gauche, l’homme saisit sa jambe et la retourne vers le haut. Il est possible qu’il en soit de même pour la face de droite. Nous avons déjà vu sur des chapiteaux des représentations d’un homme aux jambes retournées. On les désigne sous le nom « d’acrobates ». Nous pensons que ces représentations sont héritées de celles de « l’homme nu sortant des feuillages » qui figurerait l’ancêtre mythique d’une confrérie de bâtisseurs d’églises. Ce chapiteau pourrait donc symboliser le conflit opposant des puissances seigneuriales (les lions) avec d’autres puissances plus proches de la religion et contribuant à la construction des églises, en particulier de celle-ci.

Image 44 : Autre chapiteau à caractère symbolique : un moine saisit la patte d’un agneau pour l’arracher de la gueule d’un lion. Ici le symbole est plus clair. On veut montrer que la religion est protectrice des faibles.

Image 45 : Fonds baptismaux à décor d’arcades. Ces arcades pourraient symboliser les portes du Ciel.

Datation envisagée pour l’église Saint-Martial : an 950 un écart de 100 ans.