L’église Saint-Georges de Ronquerolles
Nous n’avons pas visité cette église.
Les images ci-après sont extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
est très documentée. Nous en conseillons la lecture. Les
points qui nous intéressent plus particulièrement sont les
suivants : :
1 : « La
fondation de la paroisse remonte seulement à l'année 1142
selon l'abbé Vital Jean Gautier. ». Cette date
serait la plus ancienne mention de l’existence de cette
église.
2 : «
Les origines de l'église sont beaucoup plus anciennes que
la paroisse, et restent dans l'ombre. En effet, la nef
date en partie du dernier quart du XIe siècle,
ou tout au plus du tout début du XIIe siècle,
comme l'attestent les étroites fenêtres en plein cintre du
premier rang. ». Nous n’avons pas suffisamment de
connaissances en architecture des fenêtres pour confirmer ou
infirmer la deuxième phrase.
Nos observations générales
sur les nefs à deux vaisseaux
La nef de cette église a la particularité de posséder deux
vaisseaux. Ce type de nef est peu fréquent. Beaucoup plus
rare encore est le type de nef à deux vaisseaux identiques
séparés par une colonnade (nous en avons identifié seulement
2 ou 3 sur plusieurs milliers d‘églises).
Si nous faisons allusion à cela, c’est pour mettre l’accent
sur la découverte fondamentale que nous avons faite : une
église chrétienne est la Maison de Dieu ! Le lecteur que
vous êtes s’amuse sans doute beaucoup de cette « découverte
» mais ne doit pas s’arrêter à celle-ci. Car si cette église
est la Maison de Dieu, elle doit être aussi parfaite que
l’est Dieu. Et cette perfection ne peut se traduire que dans
la perfection des formes, plus particulièrement dans la
symétrie de celles-ci. Donc tout architecte concepteur des
plans d’une nouvelle église doit respecter la symétrie. Cela
ne pose pas de problème pour une nef à un vaisseau de plan
rectangulaire. Cela ne pose pas non plus de problème pour
une nef à 3 vaisseaux lorsque le vaisseau principal est
encadré par deux vaisseaux secondaires identiques (plan
basilical). Mais dans le cas d’une nef à deux vaisseaux
accolés, il faut qu’ils soient identiques.
En conséquence, lorsque nous nous trouvons en présence d’une
nef à deux vaisseaux non identiques, comme ici, nous sommes
obligés de conclure que cette église n’est pas une « Maison
de Dieu » ou du moins la maison telle qu’elle était prévue
dans le plan d’origine. Nous sommes donc confrontés à deux
possibilités.
– Soit la nef d’origine était rectangulaire et à un vaisseau
et on l’a agrandie ultérieurement en lui accolant un autre
vaisseau. C’est l’explication privilégiée par les
spécialistes qui partent du principe que l’église a été
agrandie pour répondre à l’augmentation de la population.
– Soit la nef d’origine était à trois vaisseaux (plan
basilical) et, ultérieurement, on a supprimé un collatéral
par suite d’une désaffection. C’est l’explication que nous
privilégions après avoir remarqué que, durant le premier
millénaire, et hormis des oratoires de très petites
dimensions, toutes les églises étaient à plan basilical
(nefs à trois vaisseaux=.
Cela étant, nous avons eu l’occasion de rencontrer les deux
cas de figure.
Comment était cette
église, à l’origine ?
C’est la grande question. L’auteur du site Internet
Wikipédia pense certainement que la première église était à
nef unique et qu’elle aurait été agrandie postérieurement
par l’adjonction d’un autre vaisseau avec percement de trois
grandes baies dans le mur gouttereau primitif. Cette
opération effectuée en sous-œuvre est difficile mais pas
impossible.
Si, à l’inverse, on envisage que la nef était à trois
vaisseaux, on doit admettre que le vaisseau disparu était le
collatéral Nord. Dans ce cas, on verrait la trace des
piliers et arcades du mur gouttereau Nord de l’ancienne
église sur le mur Nord actuel (image
8). Ce n’est pas le cas. Il est cependant possible
que le mur gouttereau Nord ait disparu en même temps que le
collatéral Nord.
Les images de cette église font apparaître de multiples
transformations que nous n’arrivons pas à interpréter
correctement. À tel point que nous nous demandons si elle a
toujours conservé son statut d’église en étant, par exemple,
transformée en maison d’habitation (ainsi, l’alignement
régulier de fenêtres supérieures visible sur les images
5, 6, 7, 8 ainsi que les différences de parement
font immédiatement penser à une séparation de la nef en deux
étages).
En conséquence, nous ne pouvons nous prononcer sur l’état
primitif de cette nef (à un vaisseau ? ou à trois vaisseaux
?), et proposer une datation cohérente.
Datation
envisagée pour l’église Saint-Georges de
Ronquerolles : an 1050 avec un écart de 100 ans.