Le site archéologique et le musée de Cherchell 

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La page du site Internet Wikipédia décrivant ce site archéologique nous apprend ceci :

« Histoire

Cherchell était au IVe siècle av. J.-C. un comptoir phénicien sous le nom de Iol. D'abord intégrée au royaume de Numidie, elle a peut-être été une des capitales du roi numide Micipsa. Iol passe sous le contrôle de la Maurétanie après la chute de Jugurtha en 105 av. J.-C. La ville est refondée en 25 av. J.-C. par Juba II, sous le nom de Césarée de Maurétanie (Caesarea), et devient le centre d'un pouvoir politique.


Césarée est dotée par son roi des édifices publics typiques d'une ville romaine. Son théâtre est, avec celui d’Utique, alors capitale de la province d’Afrique, le plus ancien d’Afrique du Nord et un des plus anciens de Méditerranée occidentale. [...] Son amphithéâtre est construit selon un plan particulier porté par une volonté de disposer d'un édifice assez vaste afin d'être en mesure de donner des spectacles de combats de fauves ou de groupes de gladiateurs. La ville est entourée d'une enceinte qui est une des plus vastes du monde romain : un mur continu de 4 460 m, peut-être complété par un rempart de mer, entoure 370 ha.

Après la mort de Juba, son fils Ptolémée prend le pouvoir mais il est assassiné en 40 apr. J.-C. par l'empereur Caligula. À partir de cette date, Césarée devient la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne. Elle conserve sa fonction de capitale ; à l'administration royale se substitue un gouverneur romain qui est un procurateur équestre et son officium.

En 371-372, Firmus réussit à prendre le contrôle de la ville. Par la suite, lors de leur avancée vers Carthage, les Vandales s'emparent de Césarée. Selon les écrits de Procope, à cette époque, la ville est sous la domination de Mastigas, un roi maure. Cependant, les Byzantins réussissent à la reconquérir ultérieurement.

Au IVe siècle, elle devient chrétienne. Quelques découvertes d'églises et d'inscriptions montrent que le christianisme pénètre les campagnes. Le donatisme se développe : en 418, saint Augustin vient y prêcher sans grand succès. À la fin du VIe siècle, elle semble perdue par Byzance. Les révoltes et les guerres finissent de la ruiner et de la ravaler au rang de ville de second plan.


Cherchell est durant tout le Moyen-Âge une bourgade d'importance secondaire et les historiens arabes la donnent même comme disparue. Au Xe siècle, Ibn Hawgal considère Cherchell comme une ville, et un siècle plus tard, Al-Bakri mentionne également qu'il s'agit d'une ville. [...]

Patrimoine

Cherchell dispose d'un patrimoine romain important : maisons, thermes, théâtre, mosaïques et surtout statues, dont un grand nombre est conservé au musée de Cherchell. L'art chrétien est assez bien représenté avec des sarcophages sur lesquels figurent des scènes comme l'adoration des mages ou encore l'histoire de Jonas.


L’amphithéâtre date de la période de Juba II, il est construit sur la nécropole de Iol. Cet amphithéâtre est unique par sa forme et par sa taille. Le théâtre antique est situé au centre de l'ancienne ville romaine, il est transformé au IIIe siècle en une arène. Les thermes étaient au nombre de trois. Ils sont plus imposants que ceux de Timgad et sont construits au IIe siècle selon un plan symétrique. Les ponts aqueducs sont au nombre de deux.

On atteste également les éléments du forum, d'une basilique et des vestiges épars d'un grand nombre de
villae (établissements agricoles romains), comprenant souvent des pressoirs à huile. À l'ouest de la ville, une nécropole romaine a été découverte récemment. »


Ce passage de l’histoire de Cherchell cité ci-dessus, « Par la suite, lors de leur avancée vers Carthage, les Vandales s'emparent de Césarée. Selon les écrits de Procope, à cette époque, la ville est sous la domination de Mastigas, un roi maure... », nous invite à la réflexion. Nous savons que les Vandales ont traversé le détroit de Gibraltar en mai 429 et que dix ans après, ils avaient établi un royaume sur tout le Maghreb ainsi que les îles de l’Ouest de la Méditerranée : Corde, Sardaigne, Sicile, Baléares. La rapidité de cette invasion pose question. La distance entre Tanger (détroit de Gibraltar) et le Cap Bon (extrémité de la Tunisie) est supérieure à 1500 km. ,Le franchissement d’une telle distance en dix ans nous semble pratiquement impossible. Certes on a vu des exploits apparemment plus forts : exemple, les équipées sauvages de Gengis Khan ou de Tamerlan. Mais les hordes mongoles franchissaient des déserts et ne cherchaient pas à s’installer pour une longue durée. Dans le cas présent, les Vandales auraient emprunté un trajet le long des côtes du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, côtes qui devaient être peuplées et difficiles à pénétrer. Nous pensons que les troupes vandales ont très probablement reçu un bon accueil de la part des populations locales et peut-être une aide pour combattre les romains. En échange, les vandales auraient laissé une large autonomie à ces populations locales, voire le contrôle exclusif de certains territoires du Maghreb. C’est ce qui se serait passé à Cherchell avec
« la domination de Mastigas, un roi maure ».

Nous pensons que la forme particulière de l’amphithéâtre viendrait du fait qu’il aurait aussi été utilisé comme hippodrome (image 6).


Nous sommes un peu surpris par le nombre et la variété des statues de dieux. On y trouve des dieux égyptiens, des sphinges, Isis, Hercule, Esculape, une divinité agraire, la déesse Caesarea, des stèles votives de dieux locaux. À l’inverse, peu de représentations chrétiennes : le texte de Wikipédia en parle mais nous n’avons pas d’image, ce qui signifierait le peu d’intérêt qu’elles pourraient représenter.


Parmi les mosaïques, nous retenons celle, très belle, d’un triomphe (image 21). Il est possible que la scène centrale représentant le triomphe (image 22) ait été insérée ultérieurement à l’intérieur d’un pavage régulier. Dans cette scène centrale, le char est tiré par deux tigres dont l’un s’abreuve à un cratère. Le char est conduit par une déesse. Le voile qui flotte au-dessus de sa tête symbolise le ciel. Quelle est cette déesse ? Aphrodite ? Quel est le personnage pourvu d’ailes qui l’accompagne ? Nous n’avons pas suffisamment de connaissances en mythologies grecque ou romaine pour répondre à la question.

Il en est de même pour la représentation des trois nymphes de l'image 23. Cette image est probablement associée à une croyance mais nous ne savons pas laquelle. Cela n’empêche pas qu’il ait pu y avoir dans cette représentation un effet de voyeurisme.

Les travaux associés à la vigne et au vin sont visibles sur les images 24 et 25. Cette représentation n’est peut-être pas anodine. Beaucoup de religions de l’Antiquité autres que la religion chrétienne ont pratiqué un culte à la vigne et au vin.

Image 26 : Nous ne savons pas si la présentation sur une même ligne d’un cerf, d’un fauve et d’un cheval est fortuite ou volontaire.


Datation envisagée pour le site archéologique et le musée de Cherchell : an 150 avec un écart de 150 ans.