L’église Saint-Michel de Juziers
Nous n’avons pas visité cette église.
Les images ci-après sont extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
est très bien documentée en textes et en images. Nous en
conseillons la lecture même si nous ne sommes pas d’accord
avec les datations des parties anciennes. Voici des extraits
du texte de cette page (nous rappelons que seul le premier
millénaire de notre ère est l’objet de notre étude)
« Ses
origines remontent au Xe siècle. [...] Dans
sa forme actuelle, l'église se compose d'une nef
basilicale très austère du milieu du XIe
siècle, d'un transept contemporain, et d'un chœur du 3e
quart du XIIe siècle. Les parties les plus
anciennes sont d'une grande valeur archéologique, car très
peu d'édifices de cette ampleur de cette époque subsistent
en Île-de-France. [...]
Historique
Sous l’Ancien Régime, Juziers relève de l’archidiocèse de
Rouen, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à
Pontoise et du doyenné de Magny_en_Vexin. Le principal
patron de son église est saint Michel archange, mais
seulement depuis 1700 : jusque-là, elle est placée sous le
vocable de saint Pierre. Par une charte datée du 5 février
978, la comtesse Letgarde, cousine de Hugues Capet par sa
mère et descendante de Charlemagne par son père, donne
l'église et la terre de Juziers à l’abbaye Saint
Père-en-Vallée. L'église existe donc à ce moment, ou est
au moins en construction. L'on constate souvent que les
donations à des établissements religieux entraînent un
agrandissement ou une reconstruction partielle des
églises. [...]
En l'occurrence, les parties les plus anciennes de
l'église, à savoir la nef de plan basilical et le transept
(sauf la croisillon Nord) datent globalement du milieu du
XIe siècle, et sont donc bien postérieures à la
donation. Le manque de sources d'archives et de
caractéristiques stylistiques propres à une période bien
précise ne permettent pas d'établir une datation plus
exacte. Le chœur ne pose pas ce problème, et est datable
du tout début de la période gothique, au troisième quart
du XIIe siècle. [...]
Description : Nef et
bas-côtés
La nef est une construction austère, mais relativement
bien éclairée, spacieuse, et assez élancée, avec une
hauteur sous la charpente apparente (aujourd'hui
dissimulée par les voûtes du milieu du XIXe
siècle) qui devait deux fois dépasser la largeur. La
longueur dépasse les vingt-trois mètres. Selon Eugène
Lefèvre-Pontalis, les voûtes produisent un effet très
disgracieux. Cet auteur les dit en pierre meulière. Anne
Prache les dit en bois, ce qui semble plus probant étant
donné l'absence de toute forme de contrebutement à
l'extérieur. [...] »
Commentaires
sur ce texte
Une fois encore, on retrouve le phénomène que nous avons
dénoncé à de multiples reprises et que nous avons appelé
les terreurs de l’an
mille des historiens français. Ceux-ci
seraient terrorisés à l’idée qu’un édifice estimé roman
puisse être antérieur à l’an mille. Et parfois,alors même
qu’un édifice est cité à cet emplacement avant cette date,
que rien ne prouve qu’il ait été détruit dans sa totalité et
qu’aucune trace d’un édifice plus ancien ait été par eux
identifiée. Cette remarque ne s’adresse pas plus
particulièrement aux auteurs des pages de Wikipédia qui,
dans la plupart des cas, ne font que reproduire des textes
écrits par des auteurs antérieurs.
Nous pensons qu’une des grandes erreurs faites par ces
historiens de l’art est de n’examiner que les parties hautes
sans penser que, le plus souvent, ce sont ces parties hautes
qui ont subi le plus de modifications au cours du temps.
Dans le cas présent, les parties hautes de la nef sont
voûtées ; donc l’église est romane ; donc elle est
postérieure à l’an mille ; mais cette nef témoigne d’un
certain archaïsme ; donc elle est du XIe siècle ;
mais comme la construction des églises romanes n’a commencé
qu’à l’an mille, il a fallu un certain temps pour arriver à
réaliser une telle église ; donc cette église date du milieu
du XIe siècle : c’est ce qu’il fallait démontrer
!
Seulement voilà ! Il y a un petit problème ! La nef de cette
église ressemble énormément à celle de deux églises de
Béziers, au Sud de la France. : Saint-Aphrodise et la
Madeleine : même façade Ouest (image
4) avec sur cette façade, le même type de baies (image 5) que la façade
Ouest de Saint Aphrodise, mêmes plans au sol (plan basilical
à nef à trois vaisseaux, le vaisseau principal étant
surhaussé par rapport aux collatéraux), mêmes piliers à
section rectangulaire, mêmes impostes (une petite différence
pour celle-ci : les impostes sont à chanfrein seulement vers
l’intrados des arcs), mêmes arcs en plein cintre massifs,
mêmes voûtes nervurées. Il y a cependant une petite
différence dans ce dernier cas. Si on a la même voûte à
Saint-Aphrodise, la nef de la Madeleine est quant à elle
charpentée. En fait, dans les dernières décennies du XXe
siècle, la nef de la Madeleine était voûtée. Mais lors de la
restauration de l’édifice, la couverture a été faite en
charpente. On a réalisé que la voûte était en stuc et datait
du XVIIIe siècle. Il an est de même de
Saint-Aphrodise. Lors des restaurations de cette église, il
a été décidé de conserver ces voûtes pour garder un
témoignage des voûtes en stuc, voûtes très légères
construites au XVIIIe siècle qui évitent des
ouvrages de renforcement des murs. Mais revenons à l’église
Saint-Michel de Juziers : il est dit dans le texte ci-dessus
: « Selon
Eugène Lefèvre-Pontalis, les voûtes produisent un effet
très disgracieux. Cet auteur les dit en pierre meulière.
Anne Prache les dit en bois, ce qui semble plus probant
étant donné l'absence de toute forme de contrebutement à
l'extérieur. [...] ». Sans avoir vu cette église,
nous estimons à l’inverse d'Eugène Lefèvre-Pontalis, et
d’Anne Prache, que les voûtes ne sont pas en pierre meulière
ou en bois, mais en stuc... et qu’elles ont été construites
au XVIIIe siècle longtemps après la nef.
Il y a un renseignement supplémentaire à apporter. La nef de
Saint-Aphrodise qui ressemble beaucoup à celle de Juziers a
été fouillée dans la seconde moitié du XXe
siècle. On y a découvert des sarcophages correctement
alignés. Ces sarcophages dateraient du VIIe ou
VIIIe siècle. On serait en présence d’une
basilique funéraire. De telles basiliques n’existaient pas
au XIe siècle (hormis dans les monastères royaux
qui n’accueillaient qu’un petit nombre de personnages). Il
est probable que cette basilique Saint-Aphrodise ait été
construite aux alentours du VIIe ou VIIIe
siècle. Il en serait donc de même pour la Madeleine,
Saint-Michel de Juziers, et, peut-être, de plus d’une
centaine d’autres en Europe.
L’arc en plein- cintre visible sur l'image
11 est installé à la jonction du collatéral Sud et
du transept. Nous pensons que cet arc a permis de soutenir
le mur gouttereau du croisillon Sud du transept (lequel
croisillon a été surmonté d’un clocher). Nous retrouvons le
même arc à la Madeleine de Béziers. Dans cette église, le
transept serait postérieur à l’église primitive. Il en
serait de même à Saint-Michel de Juziers.
Notons enfin qu’à Saint-Aphrodise de Béziers, le chœur
ancien, de dimensions réduites a été, comme ici, remplacé
par un majestueux chœur gothique (images
14 et 15).
Datation
envisagée
Pour la nef de l’église Saint-Michel de Juziers : an 750
avec un écart de 150 ans.
Pour la partie Sud du transept de l’église Saint-Michel de
Juziers : an 975 avec un écart de 75 ans.