L’église Saint-Nicolas de Saint-Arnoult-en-Yvelines
Nous n’avons pas visité cette église.
Les images ci-dessous sont extraites de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
nous apprend ceci :
« La
crypte date du IXe siècle ou du Xe
siècle. La première construction remonte au XIIe
siècle, puis est au XVe siècle. »
Commentaires sur ce texte
Ce texte est très réduit. Concernant la crypte, nous n’avons
pas vu d’image de celle-ci. Cependant, nous doutons qu’elle
date « du
IXe siècle ou du Xe siècle ».
C’est-à-dire qu’elle soit antérieure à une première
construction de l’église qui « remonte
au XIIe siècle ». Nous avons en effet
constaté que, dans de très nombreux cas, les cryptes ont été
édifiées à l’intérieur d’églises préexistantes par
séparation d’une partie de l’édifice (en général l’abside)
en deux blocs superposés, par pose d’un plancher horizontal.
Analyse de l’architecture
de l’édifice
Image 1 : La
façade occidentale est divisée en trois parties. Le bloc
central est orné d’une belle fenêtre gothique à lancettes
dans sa partie supérieure. Mais en dessous de celle-ci, le
portail est roman. Dans le bloc de gauche, le portail est
d’époque renaissance. En fait, c’est le bloc de droite qui
nous intéresse le plus car nous y voyons le profil
caractéristique d’une basilique à nef à trois vaisseaux dont
le vaisseau principal est surhaussé par rapport aux
collatéraux. Bien sûr, le collatéral Nord est absent,
remplacé par le corps de bâtiment d’époque renaissance.
Sur l'image 4, on retrouve le profil
typique des toits en décrochement inspiré par les premières
basiliques chrétiennes.
Le plan de l'image 3 confirme
cette idée : les parties tracées en noir à gauche présentent
une nef, initialement à trois vaisseaux mais dont le
collatéral Nord a été supprimé et remplacé par une autre
partie plus large dont les murs sont tracés en rayures. À
droite de cette partie, nous sommes plus réservés quant à
l’attribution au XIe siècle de cette partie. Nous
pensons que les archéologues ayant étudié cette église sont
partis de l’idée élémentaire selon laquelle les bâtisseurs
de cette église ont commencé par le sanctuaire, au XIe
siècle, puis ont poursuivi avec la nef, au XIIe
siècle. Nous estimons qu’il s’agit là d’une idée
simplificatrice, pour ne pas dire, simpliste. Le concepteur
du projet de construction du premier bâtiment veut assister
à la mise à disposition aux usagers de ce bâtiment. Cela est
vrai pour notre époque. Cela l’était aussi , il y a mille
ans. Or il y avait deux sortes d’usagers d’une église
paroissiale il y a mille ans : les prêtres et les laïcs. Il
fallait donc construire dans le même temps et en moins de
vingt ans un sanctuaire pour les prêtres et une nef pour les
laïcs. D’autres parties de cette église comme un clocher, un
transept, une sacristie, ou le décor d’une façade
occidentale peuvent avoir été construits ultérieurement :
ils ne font pas partie du plan primitif. Mais ce n’est pas
le cas d’une nef et d’un sanctuaire qui ne peuvent être
dissociés dans une construction. Il peut y avoir des
reconstructions ultérieures. C’est souvent ce qui se passe
avec le sanctuaire. Dans ce cas, on constate des
discontinuités dans le plan. Cette discontinuité est ici
visible entre la nef et le transept. Par ailleurs,
l’appareil de l’abside (image
2) semble plus caractéristique du XVIIe
siècle que des périodes plus anciennes romane ou gothique.
La portail de la façade occidentale (image 5) semble avoir
été construit en deux temps. Dans un premier temps, un (ou
deux) linteau(x) en bâtière aurai(en)t été posé(s) sur les
piédroits du mur par l’intermédiaire de corbeaux. Une
archivolte non moulurée aurait été posée sur les extrémités
du linteau. On aurait rempli la lunette située entre le
linteau et l’archivolte par une marquèterie de pierres en
forme de losange (image 6).
Ultérieurement, on aurait décidé de doubler le mur de
façade. Afin de conserver l’utilité du portail, on aurait
élevé deux couples de colonnettes portant des archivoltes
(celles-ci moulurées puis sur le reste du mur une autre
archivolte surmontée d’un sourcil). Si la première
construction (avec le linteau en bâtière) pourrait être
antérieure à l’an mille, la seconde (avec le jeu de
colonnettes) semble remonter au XIIe siècle.
L’analyse de l’intérieur de la nef pose quelques problèmes.
La présence d’arcs brisés reliant les colonnes (images
8 et 12) ne signifie pas que l’église est gothique
et date au minimum du XIIe siècle. Par ailleurs,
nous ne sommes pas certains que les arcs soient tous brisés.
On constate par ailleurs sur l'image
7 que les arcs situés à gauche sont à double
rouleau alors que ceux de droite ne le sont pas. Les autres
images semblent confirmer cette impression de désordre au
niveau des arcs. Ce qui laisse envisager des travaux de
réfection ou de restauration. Un examen détaillé de
l’architecture devrait être envisagé.
L'image 11 fait
apparaître des chapiteaux à godrons caractéristiques d’un
art préroman ou roman.
Notons que la nef est charpentée (dans sa partie ancienne).
Datation envisagée
pour l’église Saint-Nicolas de Saint-Arnoult-en-Yvelines
(église primitive) : an 1025 avec un écart de 100 ans.