L’église Saint-Nicolas de Tessancourt-sur-Aubette
Nous n’avons pas visité cette église.
Les images de cette page proviennent de galeries d’Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant la commune de
Tessancourt-sur-Aubette nous apprend ceci sur l’église
Saint-Nicolas :
« Elle
remonte, pour ses parties les plus anciennes, au second
quart du XIIe siècle, et se compose alors d'une
nef unique non voûtée, d'une base de clocher voûtée
d’arêtes et d’une abside à pans coupés voûtée en
cul-de-four. La base du clocher se distingue par ses arcs
doubleaux en tiers-point, qui annoncent le style gothique,
et contrastent avec les formes de voûtement typiquement
romans et avec l'archaïsme de certains chapiteaux. Très
peu d'absides du type de Tessancourt subsistent dans le
Vexin, mais son architecture est extrêmement sobre.
Vers le milieu du XIIe siècle, la nef est
agrandie par l'adjonction de bas-côtés au nord et au sud,
mais le début du bas-côté sud n'est jamais construit, et
une fenêtre romane subsiste au sud de la nef, dans la
deuxième travée. Le clocher roman paraît également
inachevé : il semble lui manquer un étage octogonal.
[...]
Au
XVIe siècle, une chapelle seigneuriale d'un
style indéfinissable a été ajoutée au sud, et
ultérieurement, une sacristie a été bâtie au nord. La
façade a été refaite à l'époque moderne, et les murs des
bas-côtés ont été remaniés. C'est surtout l'intérieur de
l'église qui conserve toute son authenticité. [...]
»
Sur la même page de Wikipédia, un lien permet d’accéder à
une autre page de Wikipédia consacrée à la seule église
Saint-Nicolas. Cette dernière page est beaucoup plus
détaillée que la précédente. Nous reproduisons ci-dessous un
extrait de ce long texte, en rapport avec notre étude sur le
premier millénaire :
« D'après
l'abbé Gautier, la construction de l'église actuelle
remonte à 1147. Il pourrait s'agir de la date
d'achèvement, mais l'auteur n'indique pas d'où il la
tient. Les chapiteaux romans assez archaïques de la base
du clocher évoquent, par leurs motifs, leurs homologues de
Cormeilles-en-Vexin, mais la sculpture et la modénature
sont plus avancées, et une datation du premier quart du
XIIe siècle paraît probante. Sous la période
romane, les motifs sont utilisés pendant de longues
décennies, et ne sont utiles à la datation qu'en cas
d'apparitions précoces. Un autre indice précieux est
fourni par le tracé en tiers-point des arcs-doubleaux.
Préfigurant l'architecture gothique, il ne fait son
apparition qu'au second quart du XIIe siècle.
Quoi qu'il en soit, la nef comporte encore un vestige de
la même époque. Il s'agit du mur méridional avant le début
du bas-côté sud, dont la deuxième travée est toujours
éclairée par une baie romane en plein-cintre fortement
ébrasée. La nef n'était donc primitivement pas accompagnée
de bas-côtés, et les grandes arcades n'ont été bâties
qu'après coup. Au sud, cette reconstruction ne fut jamais
menée à terme, et ne concerne que la fin de la troisième
travée et les deux travées suivantes. »
Commentaires sur ces deux
textes (qui proviennent probablement du même
auteur)
1. Concernant la phrase : « D'après
l'abbé Gautier, la construction de l'église actuelle
remonte à 1147. ». Il est nécessaire d’effectuer
une comparaison entre cette église et la cathédrale de Noyon
décrite sur notre site. Dans cette cathédrale, un panneau
donne la date de 1145 pour la construction de chœur et du
transept. Même pour un non-initié, l’église Saint-Nicolas
devrait apparaître beaucoup plus archaïque que la cathédrale
de Noyon. Et ce n’est certainement pas par une modification
légère de la datation («... et
une datation du premier quart du XIIe siècle
paraît probante » que la question sera résolue.
Selon nous, manifestement, plusieurs siècles séparent les
deux constructions. Il y donc, selon nous, un problème
d’harmonisation entre des deux points de vue. L’une ou
l’autre au moins des deux évaluations est fausse… nous
pensons même qu’il s’agit des deux.
2. Concernant les phrases : « Vers
le milieu du XIIe siècle, la nef est agrandie
par l'adjonction de bas-côtés au nord et au sud, mais le
début du bas-côté sud n'est jamais construit. » et
«
La nef n'était donc primitivement pas accompagnée de
bas-côtés, et les grandes arcades n'ont été bâties
qu'après coup. Au sud, cette reconstruction ne fut jamais
menée à terme, et ne concerne que la fin de la troisième
travée et les deux travées suivantes. ».
Selon nous, ces explications seraient en partie au moins
issues de l’argumentation suivante : entre l’an 400 et l’an
1000, il n’y a pas eu de construction d’église. Puis, à
partir de l’an mille, on a commencé à construire des
églises. Mais on a commencé petitement avec des nefs à un
seul vaisseau. Plus tard, on a augmenté la dimension des
églises en ajoutant des collatéraux.
Nous estimons que ce type de raisonnement est contraire à la
réalité. Tout d’abord, nous avons constaté que dans leur
très grande majorité, les églises de l’Antiquité tardive et
du Haut Moyen-Âge étaient de type basilical, à nefs à
plusieurs vaisseaux (en nombre impair : 3 en Europe, 3, 5,
7, etc. en Afrique). Et ce, même pour de petites églises,
destinées à accueillir un public peu nombreux pouvant
occuper une nef à un seul vaisseau. Nous estimons même que
cette pratique de construire des nefs à 3 vaisseaux (ou
plus), plus coûteuse que la construction de nefs à un seul
vaisseau, devait être imposée par des pratiques liturgiques
(telles que les processions) ou par une répartition de la
société chrétienne entre clercs, laïcs baptisés,
catéchumènes.
Une deuxième objection est liée au fait que le concepteur du
projet initial a voulu construire une église parfaite. Et
cette perfection, il l’a traduite dans l’harmonie des formes
aussi bien dans le plan au sol que dans le plan en
élévation. Cette harmonie, elle était recherchée dans la
symétrie des plans. Ultérieurement, lorsqu'il était décidé
de joindre à cette église une sacristie on un clocher, cette
symétrie était détruite et avec elle l’harmonie des formes
due à cette symétrie. Pour cette raison, chaque fois que
nous disposons d’un plan d’église, nous essayons de
retrouver dans ce plan les restes d’une symétrie originelle.
Cette symétrie apparaît sur le plan de l'image
2. Les colonnes, et les murs extérieurs des
collatéraux, en gris clair, laissent deviner le plan d’une
nef à trois vaisseaux. Les bas-côtés Nord et Sud sont de
largeur identique. Cette particularité, apparemment anodine,
confirme notre idée d’une nef initiale à trois vaisseaux. En
effet, utilisons le raisonnement qui nous est proposé : « Vers
le milieu du XIIe siècle, la nef est agrandie
par l'adjonction de bas-côtés au nord et au sud. ».
Si la nef est agrandie, cela doit signifier que les
dimensions de l’église sont insuffisantes pour une
population donnée. Mais agrandir en ajoutant des bas-côtés
revient à doubler la superficie au sol. Ce qui signifie un
subit doublement de la population, un doublement
difficilement explicable. Il est plus raisonnable
d’envisager un agrandissement progressif. Par exemple, en
construisant un collatéral sur la partie Nord de l’église.
Mais, dans ce cas, la symétrie originelle disparaît et pour
la construction de la partie Sud, on n’est pas obligé de
construire l’exact symétrique du collatéral Nord. Par
exemple, un collatéral plus large, ou des pièces annexes.
Il y a cependant dans ce plan quelque chose d’un peu
bizarre. Nous venons de dire que la nef initiale (du côté
gauche du plan) devait être à trois vaisseaux. Mais, si on
poursuit l’analyse en direction de la droite, on s’aperçoit
qu’il y a un rétrécissement de la nef : la largeur de la
base du clocher est moins grande que celle du vaisseau de la
nef. Ce rétrécissement est incompatible avec la construction
originelle. Il est fréquent lorsqu’une tour est construite
sur une travée du vaisseau central (exemple : tour de
croisée du transept). Dans ce cas, en effet, les piliers de
la travée sont insuffisants pour porter le poids de la tour
; on les renforce, ce qui provoque un rétrécissement du
vaisseau central. Nous estimons donc que contrairement aux
légendes indiquées par le plan (traits noirs : roman /2e
quart du XIIe siècle ; traits gris : gothique /
milieu du XIIe siècle), ce sont les parties en
traits gris (colonnes, murs extérieurs des collatéraux, murs
gouttereaux du vaisseau central) qui sont plus anciennes que
les parties en traits noirs (piliers de base du clocher,
murs extérieurs des absides).
Cette dernière opinion est confortée par le fait que les
arcades de la nef (images
de 3 à 6) sont en plein cintre et à un seul
rouleau, alors que les arcs situés à la base du clocher (image 9) sont brisés et
à plusieurs rouleaux.
Datation envisagée
Pour la nef de l’église Saint-Nicolas de
Tessancourt-sur-Aubette : an 925 avec un écart de 75 ans.
Pour la base du clocher et l’abside de l’église
Saint-Nicolas de Tessancourt-sur-Aubette : an 1050 avec un
écart de 50 ans.