L’église Saint-Germain-l'Auxerrois de Châtenay-Malabry 

• France    • Île-de-France    • Article précédent    • Article suivant   


Nous n’avons pas visité cette église. Les images de cette page sont extraites de galeries d’Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« Historique

Sa construction remonte probablement à la fin du Xe siècle pour les parties les plus anciennes qui se situent à l'extrémité nord-est de l'édifice, à l'arrière du clocher, là ou se trouve l'ancienne chapelle. La nef et le clocher ont été bâtis à la fin du XIe siècle et le dernier étage de l'édifice a été construit vers 1120 ou 1130. En 1504, l'église est réaménagée avec la création d'un escalier et d'une nouvelle chapelle. Par la suite, différents aménagements seront réalisés, notamment la reconstruction du chœur et la construction des collatéraux. La dernière restauration de l'église remonte à 1964.

Architecture

La nef en partie romane est reprise au XIIIe siècle. Le chœur de plan carré est gothique, datant du troisième quart du XIIe siècle, restauré en 1964. Les chapiteaux à crochets sculptés sur colonnes engagées des piles du clocher, au nord du chœur, sont ornés de personnages et animaux à grosses têtes, dont un des personnages porte un sac de serpents qui lui mordent la poitrine et les personnages qui l'entourent soufflent dans des cors, des quadrupèdes affrontés, oiseaux de même, un avare.
[...] Au XIIe siècle, la chapelle sud est ajoutée et la nef surélevée avec l'agrandissement du chœur. La chapelle nord actuelle, à voûtes d'ogives, possède une clef de voûte sur laquelle est inscrite la date de sa réalisation en caractères gothiques. Elle fut construite en 1504 ainsi que l'escalier du clocher. »


Analyse de l’architecture de l’édifice

Les indices d’ancienneté n’apparaissent pas à l’extérieur : on pourrait penser à un pastiche néoroman ou néogothique du XIXe siècle (images 1 et 2).

Les images 3, 4 et 5 de l’intérieur obligent à réviser cette impression : la nef à trois vaisseaux, charpentée (et donc non voûtée) pourrait être préromane. Seul problème : le vaisseau central est porté par des arcs brisés qui, même s’ils ont été inventés avant la période gothique, sont majoritaires durant cette période.

L'image 6 est intéressante. En l’examinant à partir de la droite et en se dirigeant vers le centre, on observe successivement un chapiteau de colonne cylindrique de la nef (le dernier du collatéral Nord). Puis le pilier portant l’arc de séparation entre le collatéral Nord et le transept. Ce pilier, à section rectangulaire, porte l’arc par l’intermédiaire d’une imposte simplement moulurée. En poursuivant vers le centre, on rencontre un autre pilier portant un arc en plein cintre par l’intermédiaire de chapiteaux historiés. Vient enfin le centre de l’image montrant l’intérieur de la façade Est du collatéral Nord. Cette façade est percée d’une belle fenêtre à lancettes d’époque gothique. On aurait dans cette seule image trois représentations différentes de support d’arc : le chapiteau de colonne (gothique ?), l’imposte (préromane ?), le chapiteau historié roman. Trois styles et, probablement, trois périodes différentes.

Image 7 : L’arc triomphal, gothique, a été construit au XIIIe siècle.

Image 8 : Cette image a été prise à partir du sanctuaire (l’autel principal est visible en bas de l’image), en direction du Nord. La pièce en arrière-plan, visible derrière l’arcade, constitue la base du clocher. L’arc en plein cintre de cette arcade, surhaussé ou outrepassé, est porté par des impostes analogues à celles vues précédemment. Il est possible que ce soient des vestiges des travaux du Xe siècle dont parle le texte de Wikipédia.

Image 9. Cette image est aussi très intéressante. Elle décrit une anomalie architecturale située dans la dernière travée de nef (la plus proche du chœur). Cette anomalie est à peine visible sur l'image 5. Elle est placée sur le mur gouttereau nord de la nef, à proximité du mur de séparation entre la nef et le sanctuaire. L’arc brisé situé en dessous a coupé une baie en plein cintre. Cette anomalie met à mal une de nos théories qui combat celle selon laquelle les bâtisseurs du Moyen-Âge ont commencé petitement en construisant des nefs à un seul vaisseau, puis face à l’augmentation de population, ont agrandi ces nefs en construisant des collatéraux et en perçant des baies de communication dans les murs des nefs plus anciennes. Tout en acceptant que l’on puisse faire des constructions en sous-œuvre pour des travaux de faible ampleur, nous avons combattu cette théorie pour la construction de nefs à trois vaisseaux en estimant qu’il était plus facile et moins onéreux de tout détruire et de rebâtir sur du neuf.

Mais ici, manifestement, on a construit un arc gothique sous une baie supérieure romane préexistante. Il y a deux réponses possibles à cette anomalie.

– Soit cette anomalie est locale : il y avait là un pan de mur isolé portant cette baie. Lorsqu’on a construit la nef, on a conservé ce pan de mur moyennant des travaux préparatoires de soutènement.

– Soit cette anomalie est étendue à tout le pan de mur. Dans ce cas, il existait à l’origine un ensemble de fenêtres de même niveau et espacées régulièrement. Et on a décidé de construire des arcs brisés sous ces fenêtres. Nous disons que c’est irréaliste, car si vous voulez faire de grandes ouvertures dans un mur nu ancien, il faut construire à l’intérieur de ce mur anciens des piliers puis des arcs au-dessus de ces piliers, en étayant le tout au fur et mesure. Il est plus simple de tout détruire.

Il existe cependant une autre possibilité : les piliers existaient auparavant et ils ne portaient pas des arcs mais des architraves de bois. Il était plus facile et peut être moins coûteux de remplacer les architraves par des arcs brisés.

Image 10 : Le collatéral Nord vu à partir de la base du clocher, en direction du fond de l’église. Là encore, une baie a été occultée par un arc brisé. Par ailleurs; on remarque sur les images 3 et 5 qu’il existe une autre baie en plein cintre occultée. Elle est située sur le mur Est porteur de l’arc triomphal, à la jonction avec le mur séparant le vaisseau central et le collatéral Nord. Nous avouons notre difficulté à interpréter ces images.

Image 11 : On reconnaît sur cette image la fenêtre à lancettes du collatéral nord. À gauche et à droite, les deux chapiteaux historiés. Celui de gauche représente l’homme au « sac contenant des serpents » (images 12 et 13), celui de droite, les animaux affrontés (image 14). Il semblerait qu’il y ait une cohérence entre les scènes mais nous ignorons leur sens profond et pour quelles raisons on les a sculptées. Certes la représentation d’animaux affrontés est fréquente mais celle de l’homme au sac de serpents entouré de sonneurs de cors mériterait une explication détaillée. Peut-être, ami lecteur, disposez vous de cette explication ? N’hésitez pas à la communiquer.

Image 15 : Chapiteau d’une colonne de la nef.


Datation

Il est possible que les arcs brisés de la nef aient été construits dans une nef préexistante en remplacement d’un autre système mais nous ne sommes pas surs de cela. Par contre, les restes de baies occultées placées à la base du clocher ou à proximité immédiate de cette base sont selon nous préromans.

Datation envisagée pour l’église Saint-Germain-l'Auxerrois de Châtennay-Malabry : an 900 avec un écart de 100 ans.