L’église Saint-Pierre-Saint-Paul d’Arronville 

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La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église nous apprend ceci :

« Historique

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue avec certitude. L'abbé Vital Jean Gautier la situe en 1160. L'église est dédiée aux saints Pierre et Paul.
[....]
L'église actuelle est édifiée à partir de la fin du XIe siècle ou du début du XIIe siècle. La nef subsiste de cette époque, ainsi que des vestiges de la base du clocher central, qui a toutefois perdu son caractère initial lors de sa reconstruction au début du XVIe siècle. Au début du XIIIe siècle, les bas-côtés sont refaits, prolongés jusqu'au niveau du chevet du vaisseau central, et voûtés d’ogives. Plus tard, à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, le chœur primitif est remplacé par le chœur gothique actuel (du fait d'une analyse superficielle, Bernard Duhamel rattache le voûtement des bas-côtés, la reconstruction des croisillons et la construction des chapelles latérales du chœur à la même campagne). Le clocher est peut-être endommagé pendant la guerre de Cent Ans ; toujours est-il qu'il est entièrement reconstruit au-delà de sa base pendant une époque comprise entre le XIVe siècle et le début du XVIe siècle au plus tard. Selon Bernard Duhamel, sa base ancienne est renforcée dans le contexte de cette reconstruction. [...] Toujours selon Bernard Duhamel, la nef est voûtée d’ogives à la même époque. Une plaque commémorative toujours visible dans l'église fait état de la consécration solennelle, célébrée le 23 septembre 1518. Pour des motifs qui restent à déterminer, et à une époque inconnue, les chapiteaux à la fin des grandes arcades sont refaits dans un ordre composite évoquant la Renaissance, et la fenêtre occidentale de la nef et les fenêtres aux deux extrémités des deux bas-côtés sont réduites à de petits oculi. »


Remarques générales

1. Les spécialistes du Moyen-Âge ont tendance à apporter une attention toute particulière aux consécrations qui, pour nombre d’entre eux, correspondraient à l’inauguration de l’église une fois terminée (« Une plaque commémorative toujours visible dans l'église fait état de la consécration solennelle, célébrée le 23 septembre 1518. ») En fait, les cérémonies de consécration correspondent à une grande variété de situations (consécration d’un autel, d’un reliquaire, d’une crypte, …). Par ailleurs, en 1518, l’église était terminée depuis longtemps (environ dix ans après sa mise en chantier).

2. Nous sommes globalement d’accord avec l’auteur du texte de Wikipédia au sujet de la chronologie des constructions : en premier, la construction d’une église à nef à trois vaisseaux charpentés et chœur, celui-ci ayant depuis disparu. Puis aux alentours de l’an 1200, voûtement des collatéraux. Le voûtement se poursuit avec celui du vaisseau central de la nef aux alentours de l’an 1300. Et enfin le remplacement de l’ancien chevet roman par l’actuel chevet gothique.

3. Par contre, la datation avancée pour la nef primitive, « L'église actuelle est édifiée à partir de la fin du XIe siècle ou du début du XIIe siècle. La nef subsiste de cette époque », une datation fournie sans justification, et que l’on retrouve à l’identique pour d’autres églises du Val d’Oise, ne correspond pas selon nous à la réalité.


Étude de l’architecture de l’édifice primitif

Nous venons de dire qu’à l’origine la nef était à trois vaisseaux charpentés. L’actuel toit à deux pentes du vaisseau central est légèrement surhaussé par rapport aux toits des collatéraux. À l’origine, ce surhaussement devait être plus important afin de permettre l’ouverture de fenêtres supérieures pour éclairer la nef. Mais lorsque le vaisseau central a été voûté, à l’époque gothique, on a décidé de rabaisser les murs gouttereaux afin d’assurer une meilleure stabilité de la nef.

Les piliers qui portent les arcs de la nef sont de type R1010. Ce type de pilier a été en général utilisé en vue de la pose d’arcs à double rouleau. Nous estimons que la pose de piliers de type R1010 précède le voûtement des collatéraux (avec des piliers de type R1110), lequel précède le voûtement du vaisseau central (avec des piliers de type R1111). Cette dernière opération est typique de l’art roman dans son épanouissement. Et, bien sûr, les opérations précédentes comme celle à piliers de type R1010 ne peuvent qu’être antérieures à cet art, antérieures de plusieurs générations d’architectes bâtisseurs.

Nous n’avons pas expliqué pour quelles raisons le voûtement des collatéraux a précédé le voûtement du vaisseau central.

Observons l'image 11 d’un pilier de la nef. On a, à gauche, le vaisseau central, et à droite, le collatéral Sud. Face à nous, une colonne semi-cylindrique porte un chapiteau, qui, à son tour, porte un arc. L’ensemble peut être considéré comme roman (ou préroman). À droite du pilier, et tourné vers le collatéral, un faisceau de trois colonnettes porte les ogives, qui, à leur tour, supportent la voûte en croisées d'ogives. Ce nouvel ensemble, différent du précédent, tant par son style que par la qualité de son exécution, peut être considéré comme gothique, plaqué contre la structure antérieure. Une datation autour de l’an 1200 est plausible.

Observons à présent les images 7, 8 et 9 de la nef. Le vaisseau central est, comme les collatéraux, voûté en croisées d’ogive. Mais ces ogives ne retombent pas sur un faisceau de colonnettes verticales. Elles s’appuient sur des corbeaux directement accrochés aux murs latéraux. Nous pensons que cette technique constitue une innovation dans l’art gothique. Précédemment, les architectes avaient comparé les forces à un écoulement liquide. Les colonnes ou colonnettes verticales étaient assimilées à des descentes de toit. Or une descente de toit va jusqu’au sol. Elle n’envoie pas l’eau dans les murs au risque de les endommager. Il a fallu un certain temps pour que les architectes adoptent cette technique.

Les images 14 à 17 représentent des chapiteaux du premier art roman ou préroman. Seul le chapiteau de l'image 18, à décor d’oves, pourrait, selon nous, dater de la Renaissance.

L'image 5 est celle d’une cuve de sarcophage de forme trapézoïdale. Nous ne savons pas dater exactement ce type de sarcophage mais nous pensons qu'au vu des progrès spectaculaires en archéologie funéraire, une telle datation doit exister. Nous pensons qu’il date du VIe ou VIIe siècle. Cela signifie qu’il devait y avoir un cimetière du Haut Moyen-Âge à proximité immédiate de cette église Saint-Pierre-Saint-Paul. Et peut-être même une église ayant précédé celle-ci.


Datation envisagée pour l’église Saint-Pierre-Saint-Paul d’Arronville : an 975 avec un écart de 75 ans.