L’église Saint-Julien-de-Brioude de Marolles-en-Brie
Nous n’avons pas visité cette église,
c'est pourquoi les images de la présente page ont été
collectées sur Internet.
La page du site Internet Wikipédia décrivant cette église
nous apprend ceci :
« Historique
L'église s'élève à l'emplacement d'une ancienne chapelle
carolingienne datant du IXe siècle. De cette
chapelle subsiste en particulier le mur nord de la nef.
À la fin du XIe siècle, l’archidiacre de Brie,
Dreux de Mello, donne les terres marollaises à l’évêché de
Paris. Celui-ci les confie en 1117 au prieuré
Saint-Martin-des-Champs ; plusieurs moines de cette
institution viennent à Marolles constituer un prieuré et
reconstruire l'église, à l'emplacement de la précédente.
C'est ainsi que sont construits le transept, le chœur, les
absidioles et le clocher, au début du XIIe
siècle.
Au XVIIe siècle, une nouvelle nef est
construite au-dessus de la nef carolingienne, qui est
partiellement abattue. Quatre travées lui sont ajoutées au
XVIIIe siècle. En 1870, l'absidiole Nord
s'effondre. [...] ».
Nos observations
concernant le bâti de l’édifice
Vu de l’extérieur en direction du Nord-Est (image
1) et hormis le clocher, l’église n’apparaissait
pas d’une grande ancienneté.
Cette opinion a été modifiée à la vue du chevet (image
2). Celui-ci est composé de deux absides
semi-circulaires, une grande, à droite, et une absidiole
côté Sud. Nous avons immédiatement envisagé que l’on se
trouvait en présence d’un plan très caractéristique d’église
: nef à trois vaisseaux charpentés avec trois absides
semi-circu-laires en prolongement des vaisseaux, les trois
absides étant directement soudées aux vaisseaux de nef
(c’est-à-dire sans qu’il y ait un avant-chœur). Ce type de
plan d’une église dépourvue de transept est très fréquent.
Nous pensons qu’il a été utilisé pendant plusieurs siècles
principalement dans le quatrième quart du premier millénaire
(an 850 avec un écart de 100 ans).
Comme nous le confirme la vue par satellite de l'image
3, il n’y avait que deux absides, mais, nous en
étions pratiquement certains, il devait y en avoir trois à
l’origine. Et le texte ci-dessus de Wikipédia, lu
ultérieurement, n’a fait que confirmer une de nos
hypothèses.
Il reste une autre hypothèse : à l’origine,la nef était à
trois vaisseaux. Nous sommes persuadés que c’est le cas car
on ne peut pas greffer une absidiole sur une nef unique sans
qu’il y ait un transept). Mais nous ne pouvons pas le
prouver car même s’il existe des traces de travaux sur le
mur Nord (image 6),
nous ne voyons pas les traces des arcs de séparation entre
le vaisseau central et le collatéral Nord.
Les grandes fenêtres qui éclairent les absides (images
2 et 4) ont été, selon nous, percées
ultérieurement. À l’origine, il devait y avoir de plus
petites fenêtres et seulement axiales.
La grande sculpture ouvragée située au-dessus de l’absidiole
(image 6) devait, à
l’origine, surmonter un fronton (de cette absidiole ?). Une
datation du IXe siècle, proposée par certains,
est envisageable.
Les
transformations ultérieures
Parmi celles-ci, on place la construction du clocher qui
aurait été effectuée sur le collatéral Sud de la travée de
nef la plus proche de l’absidiole Sud. Nous ne disposons que
d’une image de cette absidiole et de la base du clocher (image 9). Nous
remarquons les arcs en plein cintre et à double révolution
et la présence d’impostes ou de corniches avec absence de
chapiteaux. Cette base du clocher pourrait remonter au XIe
siècle.
La partie la plus intéressante est l’abside principale(images 7 et 8). À
l’origine, cette abside ne devait pas être voûtée mais
couverte d’un toit en charpente avec, peut-être, une fausse
voûte en stuc. Pour porter cette voûte en croisées d’ogives,
les maçons ont plaqué contre les murs primitifs des
faisceaux de colonnettes destinés à porter les arcs
doubleaux et les ogives de la voûte. Cette opération, moins
visible sur l'image 7,
est, selon nous, repérable sur l'image
8 : dans la travée de gauche sur cette image,
l’arc brisé visible au-dessus de la fenêtre est en partie
recouvert par les faisceaux de colonnes ou colonnettes
adossés aux murs. Nous pensons que cet arc brisé devait être
l’arc de communication entre le vaisseau central et le
collatéral Nord dans la travée la plus proche du chœur. En
conséquence, les faisceaux de colonnes et les arcs que ces
colonnes supportent doivent être postérieurs à l’arc brisé
(et de même côté Sud). Nous ne sommes pas certains que cet
arc brisé ait appartenu à l’église d’origine : l’arc
symétrique, côté Sud, est à la base du clocher qui aurait
été construit au XIe siècle.
Il reste possible que cette opération de voûtement du chœur
ait été réalisée en plusieurs étapes (certains chapiteaux
semblent plus primitifs que d’autres) mais seul un examen
très détaillé permettrait de le prouver. Toujours est-il
que, selon nous, la construction de voûtes en croisée
d’ogives est tardive dans l’art roman. Elle serait apparue
vers la fin du XIIe siècle et en commençant par
les plus petites superficies couvertes.
Nous aurions ici une création de transition entre l’art
roman et l’art gothique, art roman tardif pour les
chapiteaux, art gothique pour les ogives.
Les chapiteaux de l’église Saint-Julien-de-Brioude
(images de 10 à 21).
Ces chapiteaux seraient donc, pour la majeure partie d’entre
eux, datables, au moins de la seconde moitié du XIIe
siècle et peut-être du début du XIIIe siècle.
Ils se situeraient donc en dehors de notre cadre d’étude, le
premier millénaire (avec une digression jusqu’à l’an 1100
pour tenir compte des marges d’erreur).
Cependant, nous avons voulu étudier ces chapiteaux car ils
sont (eux et d’autres du même style) susceptibles
d’expliquer un des mystères liés à l’iconographie préromane
ou romane. On distingue en effet trois types de décor de
chapiteaux ou d’impostes :
– les chapiteaux d’ornementation, à décor simple, souvent
répétitif.
– les chapiteaux historiés décrivant des scènes bibliques,
souvent identifiables.
– les chapiteaux historiés mais à thèmes énigmatiques : on
repère facilement le ou les sujets représentés mais on ne
sait pas quel est le but de cette représentation, quel
est le symbolisme sous-jacent.
Ces derniers chapiteaux (et dont on a ici quelques
représentations en images) posent problème car on s’attend à
une certaine cohérence, un rapport avec le caractère
religieux de l’édifice.
Nous pensons avoir trouvé une explication. Ces images
pourraient être des marques de donateurs, de ceux qui ont
participé au financement de la construction. On constate en
effet qu’il existe, dans les églises chrétiennes anciennes,
très peu de marques de bâtisseurs. Il arrive parfois de
rencontrer des phrases telles que
« Ghislebertus
me fecit » (principalement pour des chapiteaux)
mais elles sont rares, difficilement visibles, peut-être
même cachées. Il semblerait que, à la différence des temples
de l’antiquité romaine qui affichent les noms des
constructeurs sur les portails d’entrée, les églises
chrétiennes aient voulu maintenir l’anonymat de ceux-ci.
Selon nous, les personnes ayant participé au financement de
la construction auraient voulu un témoignage de
participation en présentant une sorte de blason de leur
famille ou de leur confrérie. À remarquer que, plusieurs
siècles après, on retrouve des blasons sur les étendards des
chevaliers avec des sujets comme le lion ou l’aigle
bicéphale.
Divers thèmes représentés dans cette église
– Les oiseaux au canthare.
Cette image de deux oiseaux symétriques entourant un grand
vase est présente dès le IVe siècle. Nous pensons
qu’elle a inspiré les représentations de deux animaux (des
oiseaux mais aussi des hybrides ou des lions) situés face à
face comme celles que l’on a ici sur les
images 11 (3e à partir de la gauche), 13, 18 et 20.
– Le torse d’homme
émergeant de feuillages. Nous avons observé pour la
première fois cette image à la crypte de Saint-Bénigne de
Dijon. Nous pensons que cette image est symbolique de la
naissance d’une lignée, le feuillage étant symbolique de la
naissance, le torse d’homme étant l’ancêtre fondateur. La
formule bien connue,
« Les petits garçons naissent dans les choux », serait un
avatar de cette représentation. Nous pensons que cette image
a fortement évolué. Ainsi, par exemple, l’homme sortant des
feuillages est représenté comme un acrobate, les jambes
remplaçant les longues feuilles étant retournées vers le
haut. Cette image de l’acrobate, nous la devinons sur le
chapiteau de droite de l'image
16. Il
est possible que le 3e chapiteau à partir de la
gauche de l'image 10 et
le chapiteau de l'image 14
soient aussi des avatars de la figure caractéristique
de « l’homme sortant des feuillages ».
– L’homme crachant des
feuillages : on retrouve ce thème dans le premier
chapiteau à gauche de l'image
10 et le chapiteau au centre de l'image
19.
– Il reste des scènes
difficiles à interpréter : chapiteau de droite de
l'image 11,
chapiteau de l'image 15.
– Ainsi que des scènes
dont le sens symbolique n’est pas prouvé comme, par
exemple, les entrelacs (images
10 et 11).
Datation envisagée pour l’église Saint-Julien-de-Brioude
de Marolles-en-Brie
Nous n’avons pas suffisamment d‘éléments pour dater l’église
primitive. En ce qui concerne l’aménagement de l’intérieur
de l’abside, et en particulier les chapiteaux :
an 1200 avec un écart de 25 ans.