L’église Sainte-Colombe de Chevilly-Larue 

• France    • Île-de-France    • Article précédent    • Article suivant   


Nous n’avons pas visité cette église. Toutes les images de cette page ont été recueillies sur Internet.

La page du site Internet Wikipédia décrivant Chevilly-Larue nous apprend ceci :

« Histoire

Sous Inchadus (810-831), successeur d'Ermanfroi, a lieu le 6 juin 829 le huitième concile de Paris où il est décidé que Chevilly dépendrait de Saint-Germains-des-Prés.

La première église détruite vers 850-900, les chanoines entreprennent sa reconstruction. L’église Sainte-Colombe sera achevée au XVe siècle. C'est une ancienne église de campagne, cadrée d'un enclos paroissial, qui était autrefois un cimetière. Sa façade est de style roman cistercien, la nef comporte un portail lui aussi roman avec un linteau en bâtière. Le clocher fut édifié au XIIIe siècle.

Elle est bordée par une place inchangée depuis le Moyen-Âge jusqu'à aujourd'hui, qui accueillait une grande foire à blé lors du pèlerinage de Sainte-Colombe, le dernier dimanche de juillet.
»

Autre information (page de Wikipédia décrivant l’église Sainte-Colombe) :

« Historique

Cette église est citée pour la première fois en 829, propriété du chapitre Notre-Dame de Paris. Elle a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles en 1981, 1983-1984, 1985, 1987 et dans sa périphérie en 1995-1996, 1997 et 1998 qui ont permis la mise au jour du bas-côté sud de l'édifice, démoli au XIIIe - XIVe siècle et de son ancien cimetière, en usage entre le IXe - XIe siècle et 1860.

Description


Un premier édifice édifié vers 550 est évoqué par l'évêque Inchade dans une charte datant de 829. Il aurait été détruit dans la deuxième partie du Xe siècle. L'église actuelle est le résultat de constructions successives depuis le XIe siècle avec des réfections jusqu'au XIXe siècle. Sa façade est de style roman cistercien, la nef comporte un portail lui aussi roman avec un linteau en bâtière. Le chœur et le clocher datent du XIIIe siècle. La charpente a remplacé un simple plafond au XVIIe siècle. Une restauration générale durant les années 1980 s'est accompagnée d'une campagne de fouilles archéologiques. »

Autre information concernant l’abbé Inchadus : « Vers 829, il décida de créer un domaine pour la convalescence des patients de l’Hôtel-Dieu de Paris, et choisit un endroit près d'une source, accessible par la route allant de Paris vers l'ouest. Le nom de ce hameau, d'abord Inchadivilla, évolua en Chadivilla, Cativilla et enfin Chaville. En 829, il fait un règlement qui institue officiellement, lors d’un synode rassemblant de nombreux évêques, la mise en place d’un temporel dédié spécifiquement au chapitre de Notre-Dame. [...]

En 851, une charte du roi Charles-le-Chauve confirme l'affectation à l'entretien des chanoines de la cathédrale de Paris, faite par Inchaldus, des villae d'Andresy, Hileriacus, Orly, Chevilly, Chatenay, Bagneux, Itteville et l'Hay. »


Diverses remarques concernant cette église

Première remarque de simple bon sens concernant l’affirmation : « La première église détruite vers 850-900, les chanoines entreprennent sa reconstruction. L’église Sainte-Colombe sera achevée au XVe siècle. ». Si l’église est détruite vers 850-900 (ce qui reste à prouver), on peut penser que sa reconstruction a été effectuée peu après, aux alentours de l’an 900. Selon l’auteur du texte, l’église aurait été achevée au XVe siècle, soit cinq siècles après sa mise en chantier. Ce qui signifie que les curés et paroissiens ont attendu 5 siècles avant qu’on mette un toit sur cette église afin de les protéger de la pluie durant les célébrations. En racontant cela sous la forme humoristique, nous voulons montrer que la construction d’une église est le résultat d’un projet qui doit être réalisé dans des délais relativement courts. Nous estimons que cinq à dix ans séparent la présentation par un architecte du plan aux décideurs du projet et la fin des travaux. C’est ce qui s’est passé récemment pour la restauration de la cathédrale de Paris. Et soyons certains que c’est ce qui s’est passé pour la plupart des églises. Car le concepteur d’un projet veut assister à l’inauguration du bâtiment une fois terminé. Certes, il y a eu très certainement des travaux au XVe siècle. Mais ces travaux ne faisaient pas partie du projet initial. Ils faisaient partie d’une autre campagne de travaux avec des matériaux différents, des techniques différentes, des ouvriers différents.

En fait cette phrase, « L’église Sainte-Colombe sera achevée au XVe siècle. », qui présente l’église telle qu’elle est actuellement, empêche, volontairement ou non, de se poser la question : quelle était l’église primitive ?

Remarque concernant le passage : « Un premier édifice édifié vers 550 est évoqué par l'évêque Inchalde dans une charte datant de 829. Il aurait été détruit dans la deuxième partie du Xe siècle. L'église actuelle est le résultat de constructions successives depuis le XIe siècle. ». On retrouve dans ce passage la rhétorique que nous avons rencontrée tout au long de nos recherches pour la quasi totalité des édifices étudiés. Une rhétorique qui se résume ainsi : « Une église existait à cet emplacement avant l’an mille. Mais ce n’est pas l’église que l’on voit puisque l’église que l’on voit date du XIIe siècle (ou, plus rarement, du XIe siècle). ». Une rhétorique qui évite à se poser des questions.

Remarque concernant le passage : « Cette église a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles ... qui ont permis la mise au jour du bas-côté sud de l'édifice, démoli au XIIIe - XIVe siècle. ». La lecture de ce passage ne nous a pas créé de surprise. Auparavant, il nous a suffi de voir l'image 1 de la façade occidentale et de constater la dissymétrie existant entre le côté Nord et le côté Sud. Nous en avons aussitôt déduit qu’il devait y avoir une nef à deux vaisseaux, le vaisseau principal et le collatéral Nord. Sachant que la quasi totalité des grandes églises du premier millénaire ont des nefs à trois vaisseaux, nous en avons déduit qu’il devait y avoir un collatéral Sud que des fouilles éventuelles pouvaient facilement détecter. Nous avons de plus envisagé qu'à l’origine, le vaisseau central devait être surhaussé par rapport aux collatéraux.

L'image 4 fait apparaître la rangée de piliers séparant le vaisseau central et le collatéral Nord. Ces piliers sont rectangulaires de type R0000. Les arcs qu’ils portent sont en plein cintre et à un seul rouleau. Nous estimons que ce type de pilier est représentatif de nefs antérieures à l’an 800. Cela étant, il nous est difficile de les dater. Mais ils pourraient appartenir au « premier édifice édifié vers 550 ».

Nous avons constaté que, dans une grande majorité de cas étudiés, l’espace du sanctuaire (transept, chœur) était postérieur à la nef. Cela viendrait du fait que les prêtres attachent plus d’intérêt à cette partie d’église et sont soucieux de lui donner de l’importance en la changeant. C’est ce qui s’est passé ici : la rupture entre chœur et nef est visible sur l’image par satellite (image 2) et l'image 3 fait apparaître un arc triomphal et des voûtes gothiques.


Datation envisagée pour l’église Sainte-Colombe de Chevilly-Larue : an 700 avec un écart de 150 ans.